Battent pavé

Un soir d’hiver
En réverbère coule
Sur les ombres allongés
Et les reflets alanguis

Cette nuit ils seront
Langues heureuses
Lorsque petite ombre
Sera enfin couchée

Les pas pressés
Filent au débotté
Dans un déshabillé
D’ombres dérobées

Ici se taille dans la nuit
Le son effacé des talons
En sauts de puces sur
Les bordures de graviers

Du pavé fuit le murmure
Au coin des portes il file
A ces corps pas si ombres
Le lux en artifice du désir

C’est une marche en accord
Des pieds qui s’élancent
Battent le sol en cadence
Sur des corps à la danse

Encore absorbés dans l’ombre
Des sourires dans l’obscur
Croquent le désir de contours
Qui plait à la rue d’un fol amour

Dansent ici les allures chaloupes
Pour des silhouettes qui libres
S’élancent en têtes ovoïdes sur
Des corps de batraciens bouffons

Les jambes s’étirent dans une nuit
De bruine alors que petite ombre
Amusé moque nos yeux tendres
Et nos pleins d’envies inavouées

Un noir érectile tangue sur les murs
Pour rejoindre au creux nos intimes
Ici battent pavé nos soifs en reflet
De houle sur les trottoirs nus



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