Elle répond lentement

Elle répond lentement. Quelques mots qui soufflent dans un néant. Sa parole est rare mais les mots choisis. J’envoie et j’attends. Quand le message apparaît, l’envie a disparu. Ce n’est pas fluide alors que ça coule en moi comme un ruisseau d’évidence. Il y a eu les mots bien-sûr, les mots qui s’envolent pour celle qui les a prononcés. Les mots qui restent dans mon oreille et qui rebondissent comme s’ils n’avaient plus de sens. Il y a eu un cri et puis le silence qui ronfle dans la rue, elle s’est endormie sur des cailloux gelés.

Elle répond lentement. Des traces dépouillées d’une vie que j’ai tenu un instant sous mon aile. Elle est un oiseau chétif à qui on a coupé la sienne. Sans plumes, elle a froid. Elle ne m’écrit plus que des chemins, des directions, des voyages en quête de sens. Elle tourne autour d’elle et je l’attends sans aucun sens à donner à cette attente. Il y a eu les corps et la sueur échangés, « largo abrazo » en peaux saignées. Elle a écrit sur le miroir dans une encre parme jaillie de ses lèvres et tous les jours, mon reflet l’embrasse. Il y a eu des sourires larges qui masquaient les larmes, un départ à jamais éperdu.

2 commentaires:

  1. J'aime beaucoup
    notamment le temps
    étrangement découpé
    que produit (en moi) le texte.

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    Demande d'autorisation d'en citer un morceau
    avec une photographie empruntée à l'auteur.

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  2. Bien-sûr Luc. Tu pioches ce que tu veux !

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