Morning à la fenêtre S04

Faune et flore des étangs au petit matin grêle, les toits en parlent sous le ciel bas. Le regard toujours à la fenêtre, aucun jour ne ressemble au prochain. Des battements de cils et des sourires pleins crèvent l'embrasure mais ça n'empêche pas le ronchonnement du goéland sur la lampamouette. La pendule n'en fait qu'à ses aiguilles folles et le temps passe en soie comme en moi.
C'est la quatrième semaine du « morning » par la fenêtre. Deux strophes de quatre vers avec la contrainte de terminer par un vers court, un ou deux mots. Chaque « poème » est publié sur les réseaux sociaux. Un par jour. Voici les sept jours de la semaine 4. Ça ira de semaine en semaine, de jour en jour, de matin en matin… et puis une nuit, ça s'arrêtera.


Jeudi 26 novembre

Le rideau relève sur l’étang
La nuit des flamants roses
Qui a vu sur la lagune froide
Des échasses tailler nos rêves
En buis

La cité gourde ignore les sternes
Les mouettes et les cormorans
Qui, légers, se moquent bien
De nos cernes lourds empesés
De glaise




Vendredi 27 novembre

A l’angle du toit de la maison
D’en face sommeille un go-
Eland placide couché sur
Un lit de plume qui adoucit
Le jour

Les tuiles brillent d’une nuit
De caresse à cirer les pompes
D’un ciel bas qui écrase les oi-
Seaux au chaume de la vie
Des Hommes



Samedi 28 novembre

L’embrasure est la suie
D’une nuit de pleine lune
Qui graisse la cheminée
De l'aurore d’une toux à
Cracher nu

La fenêtre reflète le salon
Dans les courbes d’un lux
De la lampe jaune de veille
Où fusent des mines à ras
De mots


Dimanche 29 novembre

La battue du matin clair
Dans l’échauffé des veilles
Donne à la plèvre du jour
Un regain de battements
Embrasés

Le corps dans le dehors
Respire l’air des embruns
Doux qui versent sur la
Jetée des désirs de flots
En accord
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lundi 30 novembre

Le brame rauque du goéland
N’intervient qu’à sept trente
Quand sur l’étang un flamant
Lustre ses plumes et réveille
L’opposant

Dans le palmier sec un geai
Paumé et gai réfrène la rixe
Entre les deux volatiles cha-
Foins d’un lundi blême sur
La Digue
Mardi 1er décembre

La pendule affiche l’heure
D’été trépassé alors elle
Lorgne à la vitre et s’é-
Tonne des huit tocsins à
La nuit

L’aiguille joue à étirer
Le temps et nargue l’hi-
Ver du rhapsode en toc
Qui ne veut pas frimas
Au froc



Mercredi 2 décembre

Le feu sur l’eau donne
L’incantation de vivre
A La lumière nouvelle
Qui chasse les destins
D’ombre

Deux palmiers jouent
Les plumeaux de suie
En débarrassant le ciel
Des scories d’une nuit
De fiel



_à la fenêtre Palavas 28/11/15