Matin de rien

Dans la lumière crue
D’un matin de rien
Il vole l’espoir à la nuit
Pour s’essayer
Au jour

Il panse une à une
Des plaies de veilles
Yeux en persiennes
Ravaude le somme
Qui ne répare plus

Fêlures aux méninges
Rognures d’ongles
Sous peau, il relie
À gros filets pensées
Et restes de suie

Il file un égard
A la brume grasse
Et sors de l’aboulie
Le peu d’allant
Qu’un rêve a durci

Par la fenêtre
Vies en coupe
Plumes de nuit
Bâchent le trottoir
De rosée étourdie

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