Nuit de Juillet #LaPiscine

D’un champ d’herbes hautes d’où une piscine sort sa parole – clapotis de l’eau, vent léger en métronome – une femme et deux hommes fixent la surface qu’aucun cillement ne vient perturber. La lumière du bassin éclaire les visages, passe l’eau en reflet sur les joues. Une étincelle de lune dressée sur deux cyprès vient serrer les mains, se mélange aux lampes noyées qui oscillent du vert au mauve, du jaune au rouge. 
La douceur de l’air déverse une odeur d’herbes chaudes, brûlées du soleil d’été. Derrière eux, un abri en bois craque sous un toit noir et ronronne en paix sous la mécanique du moteur qui épure le bassin.
Mécanique du cœur, ils ventilent les idées sur la margelle, soudoient le temps qui disparaît, s'embobinent aux colonnes qui entourent la piscine. La nuit est noire mais dans une clarté venue des eaux, les esprits sans mots conversent. Un mot puis un autre, une image puis une autre. Du graphique des arêtes et de la ligne de flottaison se tend le trait de leur rencontre. Du littéraire convoqué par la majesté des cyprès les soulève soudain de terre. Perchés dans un tableau de Monnet, perdus dans un poème de Rimbaud, ils imaginent passer en revue leur envie d’été, passer en revue le beauté du lieu, passer en revue la parole contemporaine, passer en revue la poésie, ses auteurs et ses artistes, la littérature et les arts qu’ils aiment.
C’était une nuit de juillet, une femme et deux hommes ont imaginé rassembler et créer. Aujourd’hui, au sortir de l'hiver, sous la patte douce et talentueuse d’un troisième homme, la revue La Piscine naît. 

Les trois hommes : Philippe Castelneau, Christophe Sanchez, Alain Mouton
La femme : Louise Imagine
La revue : revuelapiscine.com


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