Google News Story 26/10/17

Prendre les cinq premiers titres du jour sur google news et tenter d’en faire une historiette. 

Les titres du jour à 8h54 :

  • L'Assemblée nationale vote la hausse de la CSG après d'intenses débats.
  • Banques: les clients en difficulté financière assommés par les "frais d'incident".
  • Fabienne Boulin : "Je veux, comme disait mon père, 'que les salauds ne gagnent pas'".
  • Sugar babies : des rencontres ou de la prostitution ?.
  • À Dallas, sur les traces du président Kennedy assassiné.


GOOGLE NEWS STORY - 26 OCTOBRE 2017


C’est aujourd’hui qu’on apprend le vote à l’assemblée nationale de la hausse de la CSG.
Marc a encore le nez dans son café à compulser sur son smartphone l’état de son compte en banque.  L’application mouline pour faire la mise en jour. Alors qu’il a les yeux rivés sur la roue dentelée qui n’arrête pas de tourner, c’est pile à cet instant que l’information lui parvient par une notification diffusée sur un petit bandeau, en haut de l’écran : la CSG, la Contribution Sociale Généralisée, va augmenter.
Et une ponction de plus, pense-t-il, lorsqu’enfin les dernières opérations s’affichent. Il jette un coup d’oeil au solde. Ne s’étonne pas qu’il soit négatif. Il balaye les lignes d’abord rapidement comme on balaye son fil Facebook puis les remonte une à une : prélèvement de son forfait mobile, de son assurance pour l’appartement puis celle de sa voiture, des débits CB divers et des frais d’incident. Encore des frais. Il fait rapidement le compte à l’aide de l’onglet qui regroupe les opérations par catégories. Cinq cents euros de frais bancaires, rien que pour cette année : frais d’impayés, bien sûr mais aussi une série de prélèvements pour des garanties dont finalement il ne profite jamais.
Et une ponction de plus ! Les frais sociaux généralisés, se dit-il.
Toutes ces ponctions se généralisent et augmentent. Ces salauds de banquiers n’arrêtent pas de s’enrichir sur le dos de leurs clients. C’est vieux comme le monde, ça ne s’arrêtera qu’avec lui.
« Je veux, comme disait mon père, 'que les salauds ne gagnent pas' ». Personne ne veut ça, bien sûr. On souhaite tous plus de justice, c’est un vœux pieux mais on s’y tient sinon à quoi ça sert de vivre. 

Marc bascule d’un trait le fond de son café froid, ce qui a pour effet de renforcer son amertume. Avant la douche, il fait un tour sur son fil Twitter en quête d’informations plus réjouissantes. Il cherche sous des hashtags « légers » quelque chose qui pourrait lui faire oublier un instant sa vie et ses problèmes financiers récurrents. Un clic sur #SugarBabies parce qu’il est faible et que ça fait bien longtemps qu’il n’a plus goûté à des chéries en sucre. Bien mal lui a pris lorsqu’il découvre sous ce mot-clé tout un fatras de posts aussi écoeurants les uns que les autres : photos de vieux dégueulasses accompagnés de bimbos décérébrées, injonctions des uns, insultes des autres, mafia organisée, railleries d’adolescents prépubères et contre-attaques de pseudo-intellectuels qui semblent découvrir l’abjection du monde. On est en train d’entrevoir qu’un site web  « ayant pignon sur rue » héberge sans vergogne tout un réseau de prostitution. 
Pris par un dégoût soudain, le café remonte le long de son œsophage aussi vite que le rebond d’un sauteur à l’élastique. L’envie de vomir le saisit et il se précipite vers l’évier de la cuisine pour y cracher une bile marronnasse.

Une bonne journée de merde se dessine.

Sous la douche, les pensées affluent dans le désordre, une accumulation d’ombres qui planent sur lui depuis trop longtemps. Il n’aime définitivement pas l’époque dans laquelle il vit. D’un côté un système qui broie, de l’autre une société décadente où les pires travers continuent de se perpétrer sous couvert de la sacrosainte loi de l’offre et de la demande, autrement dit de l’argent et du sexe.
L’eau coule sur Marc comme une désillusion, lui qui a cru au rêve américain, qui est même parti à Dallas il y a plusieurs années pour tenter sa chance, comme on dit. Parce que l’Amérique, à l’époque, était encore vue depuis la vieille Europe comme un eldorado.
Dallas l’avait broyé. Cette ville morte, engluée dans le souvenir d’un président assassiné, ne faisait plus rêver personne.
A la sortie de la salle de bain, encore embué de son désenchantement ricain, il apprend que, désormais, la ville, sa ville chimère, retourne son passé comme un vieille chaussette. On y organise des circuits touristiques, parades grotesques où toutes les thèses complotistes sur ce drame vieux de cinquante-quatre ans peuvent s’épanouir.

Oswald n’était pas seul, bien sûr, comme les « sugar daddies » n’agissent pas sans banquiers occultes, et la CSG contribue au rebond national du café dans la glotte. On nous ment, on nous spolie, on nous vole l’information !
C’est le mensonge social généralisé.

2 commentaires:

  1. La république laïque fait des grand messes au nom du fisc...les financiers, coupables d'accidents monétaires mondiaux se rattrapent en facturant les petits incidents des gagne petits.L'homme qui en savait trop sur les turpitudes nageait,gentleman, en eaux si troubles qu'il fut happé par les fonds maffieux et disparurent, selon, ses proches, les lettres de mon Boulin.
    Sugar Barbies...Magritte aurait dit, ceci n'est pas une pipe mais de l'aspiration sociale...Propos fumeux tombé dans le panneau!
    Il ne faut pas être superstitieux, cela porte malheur...Mais pour un président des Etats Unis, parader dans une Lincoln à portes suicides,était prendre un gros risque...Dallas, tros fois Dallas !!!!

    RépondreSupprimer