Google News Story 02/11/17

Prendre les cinq premiers titres du jour sur google news et tenter d’en faire une historiette. 
Les titres du jour à 8h11 :

  • DIRECT. Attentat de New York : Trump réclame la peine de mort pour son auteur.
  • RER A: Le trafic reprend ce jeudi matin.
  • Pyrénées-Orientales: Il décède après avoir été attaqué par ses deux chiens
  • Harcèlement sexuel : le ministre britannique de la Défense démissionne.
  • Légion d'honneur : le (tardif) retour du mérite.


GOOGLE NEWS STORY – 2 NOVEMBRE 2017


Donald s’ennuie dans son grand bureau ovale. Il fait les cent pas, s’assied sur son sofa, s’allonge puis se relève. Quelques pas encore à tourner en ovale, puis il saisit son téléphone et publie un tweet : « Le terroriste de NYC [New York City] était satisfait et a demandé que le drapeau de l'EI soit accroché dans sa chambre d'hôpital. Il a tué 8 personnes et en a grièvement blessé 12. IL DEVRAIT ETRE CONDAMNE A MORT ! ».
Voilà, se dit-il, en sautant lourdement sur son fauteuil, il fallait que je le dise !

Pendant ce temps à Paris, alors que Trump s’arroge le droit de vie ou de mort en 140 caractères, le RER A démarre lentement. A l’intérieur, le gris de l’automne se lit sur tous les visages. Les paupières sont baissées, certains continuent leur nuit, d’autres, yeux rabattus sur leurs petits écrans, prennent connaissance vaguement des nouvelles du monde.

Jean ouvre son smartphone et lit le tweet du président des États-Unis. Il va mal finir, pense-t-il.
De l’autre côté de la rame, Paul like le tweet et le partage comme 14508 personnes avant lui. Cela fait quatre heures que le président n’a pas tweeté. Ce n’est pas normal.

Jean lit les commentaires attachés à ce tweet. Une bande de chiens galeux adoubent le maître du monde, des fans qui ne manquent pas une seule des saillies de l’homme censé diriger le pays le plus puissant de la planète. Jean est effaré. Un jour, ces mêmes chiens se retourneront contre lui. Une telle meute deviendra vite incontrôlable, c’est lui qu’ils tueront ! Ou alors, c’est la curée actuelle contre tous les puissants mâles de son espèce qui aura sa peau. Ses multiples harcèlements sexuels seront révélés, comme il semblerait que ce soit le cas désormais pour le ministre britannique de la Défense, et là, il sera destitué.

Après son retweet, Paul se gargarise. Enfin, un président qui prend les choses en mains, qui agit contre le terrorisme, écrit-il en commentaire de la publication de Donald Trump.
« Il mérite la légion d’honneur, que Macron la lui donne et vite ! »
« Voilà un homme qui a le mérite de réagir rapidement et bien ! ».
« Vive Donald Trump ! ».
« Qu’il les tue, tous ! ».
Une salve de tweets que Paul lance sur le réseau de manière irrépressible. Il en a la bave qui lui coule des lèvres. Ses doigts sont passés en mode automatique, sans contrôle de son cerveau qui semble s’être mis sur pause.

A la station La Défense, Paul et Jean descendent. Pris par la cohue, ils se bousculent légèrement à la sortie de la rame. Jean s’excuse, leurs regards se croisent. Paul sourit et continue son chemin. Jean le suit, le rattrape et lui tape sur l’épaule. Paul se retourne :

- Tu es Paul Blanc ?
- Oui et toi Jean Grémond ?
- Ça alors ?
- Le lycée Voltaire ?
- Oui, c’est ça !
- Oh là là ! Ça fait trente ans au moins, non ?

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