Google News Story 15/11/17

Prendre les cinq premiers titres du jour sur google news et tenter d’en faire une historiette.

Titres du jour à 9h20 :

  • Zimbabwe: l'armée intervient contre des "criminels" proches de Mugabe
  • Airbus: commande record de 430 A320/321 pour plus de 49,5 milliards de dollars
  • Les agressions contre les pompiers en forte hausse en 2016
  • Un ex-président des Jeunes Socialistes accusé d'agressions sexuelles
  • Californie: Une cavale meurtrière près d'une école primaire fait quatre morts


GOOGLE NEWS STORY – 15 NOVEMBRE 2017


Michel Serres nous dit que malgré l’adage « c’était mieux avant » (c’est le titre de son dernier ouvrage), il n’en est rien, ce n’était pas mieux avant. L’auteur dresse l’inventaire de son « avant », pendant la seconde guerre, et le compare à notre époque. Un livre optimiste qui, à grand renfort de statistiques, nous démontre que le monde était plus violent dans les années 40 qu’il ne l’est aujourd’hui. Certes, c’était la guerre et depuis soixante-dix ans, nous n’avons pas connu d’autres conflits aussi meurtriers nous opposant à un ennemi clairement identifié et déclaré. Le monde serait donc moins agressif, en quelque sorte pacifié.

Ce n’était pas mieux avant. Doit-on se consoler de ça ? Doit-on se satisfaire de cet état de fait et ne pas voir les guerres perlées qui nous entourent partout dans le monde ?
En Irak, en Syrie, ne sommes-nous pas en guerre ? Au Zimbabwe, par exemple, où l’armée intervient pour faire le ménage autour du « monarque » Mugabe, cet homme qui règne d’une main de fer sur son pays depuis quarante ans, n’est-ce pas là comme dans de nombreux autres pays africains, d’autres guerres dont on se cache l’importance ?

Plus près de nous qui n’avons pas connu de guerre déclarée depuis sept décennies, dans notre quotidien, dans la rue, au travail, dans nos régions paisibles, jouir de son petit pouvoir pour agresser sexuellement son prochain, s’attaquer aux policiers ou aux pompiers, tuer de sang froid jusqu’aux abords de nos écoles, ne sont-ce pas là nos guerres journalières, nos doses de violence qui créent ce sentiment d’affrontement permanent ?

Ce n’était pas mieux avant. Avant, c’est vrai, on ne vendait pas des Airbus par quarante exemplaires d’un seul coup de stylo dans un building de Dubaï, au profit d’une opaque société américaine d’investissements, sans savoir finalement à qui sont destinés ces avions, si ce ne sont pas nos ennemis d’aujourd’hui ou de demain qu’on est en train d’équiper luxueusement. Avant, on savait où et qui était notre ennemi. Ce n’était pas mieux, évidemment. Qui pourrait passer sous silence les cinquante ou soixante-dix millions de victimes de la seconde guerre ? Qui pourrait oublier le nazisme et ses crimes ? Mais doit-on ralentir le temps, regarder sans cesse en arrière pour alléger notre époque de sa constellation de conflits ?

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