Du bruit du ballon sur les murs

Du bruit du ballon sur les murs Du bruit du ballon sur les murs. Je me souviens, l’appel à sortir quand en haut dans la cuisine je l’entendais. Que ce bruit là était liberté ! Demander la permission, maman qui sermonne et délimite le périmètre, du temps, de l’espace. Attention, pas plus loin, pas plus tard. Trépigner, acquiescer de la tête dans un agacement certain. Oui, oui, oui. Et puis dévaler l’escalier, les godillots qui dévissent, entendre les cris, la ola du stade de macadam, les passes dans les coins et les rebonds sur le trottoir : la plus grande arène dans ma rue.

Passée la porte, rejoindre l’équipe, deux trois culottes courtes, tout au plus. Le gardien dans ses cages de fortune, deux casquettes en guise de poteaux rentrants et deux attaquants aux dribles assurés, Platoche ou JPP. Pierre, Paul, on joue, on dirait qu’on serait. D’accord ? Et les murs autour, comme équipiers, ont droit de participer, on peut taper dedans, chenaux défensifs et rigoles à la charnière centrale. En haut, par les fenêtres, le cri aigu des mères : attention aux vitres ! Et nous, têtes rivées au sol et genoux mercurochrome, tous nos mondes pour un seul but, du bruit du ballon sur les murs.

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