Retour dans la machine

Une parenthèse, rêverie et plan non tiré, rien, vraiment rien, à part ici quelques successions de mots empilés, compilés, avec un peu de vacuité mais avec un plaisir permanent. Voilà ce qu’il reste de ces instants volés à la société. Un plaisir d’être autrement que dans la machine, parti un instant comme si fuir le monde était une solution. Plus d’un an et aujourd’hui je la retrouve, comme je l’ai quittée, égale à l’idée que je m’en faisais avant, pareille à ce qu’elle a toujours été. Codée, socialisée, bornée, entourée de faux-semblants mais aussi, ouverte, dans le rythme autour, en adéquation avec les envies, en corrélation avec le devoir de consommer pour être, persuadée de performer dans l’assouvissement du soi, campée au travers de tableurs sur ses positions capitalistes, dans le dépassement, le développement et l’ambition, tout une litanie qui établit le fondement d’une société dans laquelle il faut croire, croître et réussir.

Alors, bien sûr, j’y retourne plein de l’espérance des gagnants, empli de bonnes intentions, de l’envie de m’épanouir, dans et par elle, de s’intégrer dans ses rouages, de la faire grandir, de me faire grandir dans son dedans, de toucher un instant la reconnaissance de mes pairs dans lesquels je mettrai confiance et par lesquels la même confiance me sera admise. Retour dans la vie, la vraie vie qu’ils disent, la vraie vie qui se dématérialise dans une économie iconoclaste, je rentre à nouveau dans la machine grandi des expériences, l’amertume cachée dans les entrailles, l’avatar du succès en étendard.