Ce n'est pas parce que

Ce n’est pas parce que
je t’aime que je ploie
Ce n’est pas parce que
je te parle que je te dis
Ce n’est pas parce que
je t’écris que tu me lies
Ce n’est pas parce que
j’ai fui que la course est finie
Ce n’est pas parce que
tu es beau que je veux te ressembler
Ce n’est pas parce que
tu n’es plus là que je ne t’attends plus.
Ce n’est pas parce que
tu n’es plus là que je t’aimerai toujours
Ce n’est pas parce que
tu n’es pas reconnu que je ne te vois pas
Ce n’est pas parce que
tu n’es plus le sourire que je veux pleurer
Ce n’est pas parce que
l’avenir s’est ouvert que je veux te refermer
Ce n’est pas parce que
tu es squelette que je ne suis plus de ta chair
Ce n’est pas parce que
le vent est tombé que tu n’es plus bourrasque
Ce n’est pas parce que
tu te tais à jamais que je ne peux plus te parler
Ce n’est pas parce que
le regret est prégnant que je te trouve poignant
Ce n’est pas parce que
tu es oublié de tous que je ne me souviens pas
Ce n’est pas parce que
les images sont perdues qu’elles n’existent pas
Ce n’est pas parce que
le chemin fut caillouteux que je te veux heureux
Ce n’est pas parce que
je fume que tu dois arrêter de tirer sur tes sèches
Ce n’est pas parce que
ta tombe est sombre que tu n’es plus ma lumière
Ce n’est pas parce qu’
elle ne t’a plus supplié qu’elle ne t’a jamais aimé
Ce n’est pas parce que
je n’ai jamais su dire que je ne te sauverais jamais
Ce n’est pas parce que
la violence de ta fuite est lointaine qu’elle est oubliée
Ce n’est pas parce que
ton âge est un butoir que je ne t’espère pas chaque soir
Ce n’est pas parce que
tout le monde dit que tu ne reviendras pas que j’y crois
Ce n’est pas parce que
tes yeux sont plongés dans le noir que tu ne me voies pas
Ce n’est pas parce que
le souffre ne s’enflamme plus que mes yeux ne piquent plus
Ce n’est pas parce que
je viens vers toi trop tard qu’il est trop tôt pour que tu reviennes
Ce n’est pas parce que
je gronde le dedans d’être en mélasse que je ne vis pas tes meilleures heures
Ce n’est pas parce que
les rats taupiers ont eu ta peau fanée que je ne mettrai plus la main dans le seau