Google News Story 13/11/17

Prendre les cinq premiers titres du jour sur google news et tenter d’en faire une historiette.

Titres du jour à 8h49 :

  • Attentats du 13 novembre : deux ans après, à Paris, la peur n'a pas vraiment quitté les esprits
  • Un séisme fait au moins 213 morts en Irak et en Iran
  • Jean-Michel Blanquer : «L'autorité doit être rétablie dans le système scolaire»
  • Marlène Schiappa veut fixer l'âge minimal du consentement sexuel à "13 ou 15 ans"
  • Le Premier ministre Hariri «libre» rentrera «très bientôt» au Liban

GOOGLE NEWS STORY – 13 NOVEMBRE 2017


La peur ne quitte pas les esprits et si elle s’atténue, si parfois on en oublie les causes, d’autres se chargent pour vous de la faire revenir. La peur a cela de particulier qu’elle est incontrôlable. On ne choisit pas d’arrêter d’avoir peur. On peut s’en convaincre, s’armer de courage pour l’atténuer mais on ne décide pas de ne plus avoir peur comme on déciderait d’arrêter de fumer. La volonté n’a rien à faire avec la peur.

Quittez votre domicile, installez vous à la terrasse d’un café, assistez à un concert ou tout simplement, allez vous balader en ville par une belle journée d’automne et la peur vous suit à la trace. Derrière vous, elle se cache, insidieuse, depuis que quelques-uns ont décidé que semer la terreur était la seule solution pour qu’ils se sentent exister, que faire peur provoquait une adrénaline sans pareille, que s’armer pour défendre un dieu dont personne n’est sûr de l’existence donnait un but à toute une vie, une raison à toute mort.

On a parlé de séisme au lendemain du 13 novembre 2015. C’en fut un dont la magnitude continue de nous secouer. Personne n’a le droit de créer un tel tremblement dont seule la nature jusqu’à alors s’arrogeait le droit. Une nature qui frappe tout aussi follement, aujourd’hui en Irak et en Iran. On renoue avec la peur et l’horreur. 213 morts dans un glissement de plaques tectoniques. Deux ans avant, 137 sous les Kalashs de Daesh. Les secousses sont violentes, les répliques une angoisse. Elles parcourent les corps encore vivants, elles répandent la peur dans de longues coulées qui traversent le temps et l’espace, de novembre en novembre, des montagnes d’Halabja jusqu’à nos terrasses.

La peur ne nous quitte pas, la peur emplit nos cœurs. Dans les contrées les plus reculées, on la sent battre dans les fossés, s’enfoncer dans les têtes, ressortir en drame, s’affoler dans des pleurs aussi longs que des fleuves. Les pays s’émeuvent, les peuples s’insurgent, les gouvernements vacillent. On s’exile, on craint des représailles. Au Liban, le premier ministre quitte le pays, annonce sa démission puis finalement, est prêt à se rétracter sous certaines conditions. On hésite, on cherche le coup d’éclat. On essaye de vivre avec la peur. Mais elle est souvent trop prégnante pour que l’on se sente vraiment libres. Alors, on se replie sur soi. Sous le poids de la peur, on plie. On souhaite mieux contrôler nos corps en usant de plus d’autorité jusque dans nos écoles où, pense-t-on, c’est là que la vie démarre et qu’avec plus de rigidité, seront formés des personnes qui n’auront plus peur.

Mais on ne contrôle pas la peur, même en légiférant contre la barbarie du monde. En voulant protéger à l’excès ne crée-t-on pas le terreau de la peur, ne sème-t-on pas les graines qui la feront prospérer ?
A vouloir décider de la vie des autres, de la majorité affective, de l’âge minimal où l’on consent à vivre comme de la liberté d’agir en conscience, ne mettons-nous pas un cadre à la peur pour que jamais elle ne disparaisse ?

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