Les rumeurs

24.3.19

La rue traîne des rumeurs. L’une sur l’autre, s’empilent les mauvaises paroles. Si on observe bien, depuis les trottoirs, on peut voir une brume épaisse divaguer. Une brume de mots vils mêlés, de verbes hauts et au travers, on distingue à peine les hommes et les femmes mutilés par les rumeurs de la rue. 
On serait tentés de ne pas voir. De passer à côté, absents. D’oublier les rumeurs une fois qu’elles sont passées par les gueuloirs, périmées et remplacées par des rumeurs nouvelles. Mais la rue en garde le souvenir indéfiniment, jusque dans ses entrailles : rumeurs vieilles pourrissant dans les boyaux d’autres. Et ainsi de suite. Vases communicants, les unes sur les autres qui s’enfantent.

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