Souvent, l'homme crie

23.4.21

Souvent, l’homme crie. D’un cri primal, intelligible pour les ombres qui le croisent. Ombres franches, pourtant. Silhouettes de tous les jours qu’habituellement, il tait la démesure. Puis, un jour, il se met à crier pour prendre la rue qui trop souvent lui échappe. Tout en tournant sur lui-même, entre une table et deux chaises, sur une terrasse, une place, la danse est exégèse. On l’évite soigneusement. Autour de lui, les regards tombent. Cherchent la fuite tant la gêne les expose. Il crie, il gesticule, il harangue le ciel à l’adresse d’on ne sait quel Dieu. Il est au spectacle dans ces moments-là. Aveuglé comme le peut être un acteur sur sa scène, ne distinguant les spectateurs des ombres qui se carapatent. Un numéro sensationnel où l’émotion contrariée l’emporte et le public se fait la malle. Mais lui s’en moque. Il crie plus fort à tout ce monde qu’il garde dans son miroir. Il crie parce qu’il s’est trop tu.

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