L'homme de peu III
25.12.21III
Personne ne vient relever
le vent sur cette terre de misère,
regarder le visage de ta veuve,
à son cou soigner les plaies.
Personne ne veut porter
le poids de la charrue,
voir le soc qui a écorché ton corps,
labouré ton ventre jusqu’à la fin.
Personne ne voit en toi
l’affamé enfoui sous la terre,
mais trace dans la mémoire
que les pas effacent.
L’oubli couvre l’écho,
ton souffle cède lentement,
à la pression des tempêtes,
à l’érosion des souvenirs.
Ton filet de voix sombre
dans le chaos des gorges
où coule un torrent d'abandons,
parmi d’autres abandons.
Voix parmi les voix des oubliés,
tu es l’homme à répandre
sur le sol trop blanc de pierres,
tu deviens le terreau de ton fils
pour combler les sillons orphelins.