La couleur du souvenir

image Alors on recrée des lieux, des fantasmes en cartes postales, un bar, quelques breloques et c’est tout un monde qui revit, se tamise dans le neuf, s’oublie du contemporain et festoie de nos mémoires. Dans le creux, entre deux piliers de plâtre blanc, on redessine la vie d’avant, celle des zincs en bois, de leur dorure qu’il faut raviver, chiffon doux et humide, on s’y colle au plus prés pour retrouver le beau de nos jours égarés. Et on mime à l’excès les apostrophes d’alors, les cantates des troquets et le juke-box de vinyles. Clin d’œil au soleil dans la carafe jaune, les petits bocks de bières et les ballons de pastis, on se vide la tête de nos modernités et on gratte le cuir rouge des tabourets si élimé qu’il en émeut. On théâtralise le décor dans un refuge de quelques mètres carrés et le reste de la maison se vide de sens, tout nous concentre autour, on prendrait presque la gouaille des titis parisiens si Pagnol n’était pas si prés de nous. Comment oublier ? On la voit la table bistrot, quatre chaises et la partie de belote qui claque, pas besoin de pellicules, pas la peine de se saccader la vision en restauration THX 3D, ici, là, nous, on a la couleur du souvenir.