De l’enfance, je retiens goûts et odeurs comme des pièges à nostalgie

11.11.20

De l’enfance, je retiens goûts et odeurs comme des pièges à nostalgie. Quand passent sur le grand tableau noir des relents de craie blanche, dans le cœur le paysage de l’écolier défile. De la blouse grise de la maîtresse jusqu’aux yeux bleus de la voisine de table. Des règles à apprendre aux bêtises à se déprendre, le nez dans le coin de la classe. De l’absence de soi quand les chiffres et les mots nous jettent au visage leur arrogance jusqu’aux petites hontes dans l’escarcelle de l’amour propre.
C’est comme mordre dans un quartier d’orange et que toute une rue s’ouvre, dans un souvenir dégoulinant de saveurs oubliées. Le chemin remonte en bouche jusqu’aux narines, la mémoire engourdie dans nos bottes se remet à danser et dans nos mains, la fraîcheur du fruit promet des jours sans neige.
Autant d’appels de l’ordinaire qui effacent de grands pans de solitude, de fièvre et de turpitudes. Pièges à nostalgie, clichés de vie qu’on aime à ressasser.

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