Il paraît

Il paraît que les vieux chagrins restent sur nos visages, qu’ils tracent leurs sillons, pore après pore, année après année, jusqu’à devenir les chemins de traverse qu’empruntent nos rides pour nous aider à sourire.

2020
  • 31.12.25

Lectures 2025

Faire des listes pour ne pas oublier, pour partager, pour le plaisir de faire des listes.  
Voici un récapitulatif de mes lectures de 2025 :

JANVIER
▪️ Federico Garcia Lorca, Poésie III, Poète à New York, Chant funèbre pour I.S. Mejías, Divan du Tamarit
▪️Fernando Pessoa, Le Gardeur de troupeaux et les autres poèmes d’Alberto Caeiro avec Poésies d’Alvaro de Campos 
▪️Jean-François Mathé, Ainsi va
▪️ Fernando Pessoa, Poèmes ésotériques, Message et Le Marin
▪️ Federico Garcia Lorca, Une colombe si cruelle
▪️ Federico Garcia Lorca, Noces de sang suivi de La maison de Bernarda Alba
▪️ Henri Michaux, Un barbare en Asie 

FÉVRIER
▪️Jean Echenoz, Bristol 
▪️ Anne Sexton, Folie, fureur, ferveur Œuvres poétiques (1972-1975)
▪️ Jacques Robinet, Sarments
▪️ Édouard Chalamet, Aubades
▪️ Pierre Michon, J’écris l’Iliade
▪️ Jean Echenoz, Cherokee
▪️ Pierre Michon, Corps du roi
▪️ Vladimir Nabokov, La Méprise 
▪️ Pascal Quignard, Terrasse à Rome

MARS
▪️ Jean-Christophe Belleveaux, Géographies furtives
▪️ Pierre Michon, Maîtres et serviteurs 
▪️ Vladimir Nabokov, La défense Loujine
▪️ Jean Echenoz, Vie de Gérard Fulmard
▪️ Vladimir Nabokov, Le Don
▪️ Virginia Woolf, Orlando
▪️ Charles Juliet, Pour plus de lumière
▪️ François de Cornière, Traces de nous
▪️ Pierre Michon, Vies minuscules 
▪️ Sophie Marie van der Pas, Quelque chose s’en va

AVRIL
▪️ Paul Verlaine, Fêtes galantes, Romances sans paroles précédés de Poèmes saturniens
▪️ Virginia Woolf, Mrs Dalloway
▪️ Isabelle Alentour, Chaque jour je lie, je relie
▪️ Peter Handke, Outrage au public et autres pièces parlées  
▪️ Italo Svevo, La Conscience de Zeno
▪️ Virginia Woolf, Une chambre à soi
▪️ Vladimir Nabokov, Ada ou l’Ardeur
▪️ Jean-Jacques Marimbert, Carnaval

MAI
▪️ Peter Handke, La femme gauchère
▪️ Virginia Woolf, Les vagues
▪️ Peter Handke, Le malheur indifférent
▪️ Violette Leduc, L’Asphyxie
▪️ Virginia Woolf, Vers le Phare
▪️ Peter Handke, Par les villages
▪️ Pablo Neruda, La Centaine d’amour 
▪️ Fernando Pessoa, L’heure du Diable
▪️ Peter Handke, Les gens déraisonnables sont en voie de disparition 

JUIN
▪️ Philippe Roth, Un Homme
▪️ Peter Handke, Ma journée dans l’autre pays
▪️ Guylaine Monnier, Dans un tel pot de terre
▪️ Peter Handke, Essai sur la fatigue / juke-box / journée réussie 
▪️Pablo Neruda, Résidence sur la terre
▪️Jean-Christophe Ribeyre, Poème de l’entre-émerveillement 
▪️ Elisabeth Granjon, Cerises vertes
▪️ Pablo Neruda, La Solitude lumineuse 
▪️ Peter Handke, Le Colporteur 

JUILLET 
▪️ Stéphanie Barron, Le Jardin blanc
▪️ Christophe Jubien, Poèmes nés par accident 
▪️ Charles-Ferdinand RAMUZ, Derborence
▪️ Anna Akhmatova, Requiem 
▪️ Virginia Woolf, La Traversée des apparences
▪️ Peter Handke, L'angoisse du gardien de but au moment du penalty
▪️ Jacques Dupin, Cendrier du voyage
▪️ Georges Perec, Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?

AOÛT 
▪️ Gustave Flaubert, Salammbô
▪️ Samuel Beckett, Proust
▪️ Georges Perros, L’Ardoise magique 
▪️ Stefan Zweig, Le Joueur d’échecs 
▪️ Edgar Poe, Histoires extraordinaires 
▪️ Virginia Woolf, Les Années 

SEPTEMBRE 
▪️ Paul Eluard, Capitale de la douleur
▪️ Émile Verhaeren, Les villages illusoires 
▪️ Jean Echenoz, Je m’en vais
▪️ Virginia Woolf, Entre les actes
▪️ Olivier Souillard, Tentatives de flottement
▪️ René Barjavel, La Nuit des temps
▪️ Jean Follain, Exister suivi de Territoires 

OCTOBRE
▪️ JP Suaudeau, Courir à ce qui me brûle (Pétrarque à Vaucluse)
▪️ Jacques Réda, Amen / Récitatif / La tourne
▪️ Haruki Murakami, Après le tremblement de terre
▪️ Stefan Zweig, Vingt-quatre heures dans la vie d’une femme
▪️ Stefan Zweig, Amok
▪️ Octavio Paz, Liberté sur parole
▪️ Jean Follain, Usage du temps
▪️ Chantal Ringuet, Sans toi jusqu’à la cime des arbres
▪️ Michel Bourçon, Où seul chasse le vent

NOVEMBRE 
▪️ Alexandre Vialatte, Battling le ténébreux
▪️ Peter Handke, Bienvenue au conseil d’administration 
▪️ Guillevic, Terraqué
▪️ Albert Camus, La Peste
▪️ Octavio Paz, Le Feu de chaque jour
▪️ Stefan Zveig, Lettre d’une inconnue 
▪️ Franz Kafka, Lettre au père 
▪️ Jean Echenoz, Un an

DÉCEMBRE 
▪️ Fiodor Dostoïevski, Le Joueur
▪️ André Dhôtel, Le Pays où l’on n’arrive jamais
▪️ Vladimir Nabokov, Le Guetteur
▪️ Stefan Zveig, La Confusion des sentiments 
▪️ Fiodor Dostoïevski, Les Nuits blanches suivi de Le Sous-sol
▪️ Rainer Maria Rilke, Vergers et autres poèmes français
▪️ Virginia Woolf, Une Maison hantée
▪️ Fiodor Dostoïevski, Le Crocodile 
▪️ Virginia Woolf, Nuit et jour
  • 30.12.25

Rendez-vous

L’oeil cherche un refuge
dans le décompte des heures ;
arrêté devant quelque rêverie,
il attend le repic qui tarde 
à l’horloge du clocher. 

L’instant ne compte pas,
laisse croire à une éternité
que déjà la paupière sursaute
au premier coup de midi,
comme un rendez-vous raté.

2018
  • 29.12.25

Au loin que j’ai dans le tête

Il y a un virage dans ma tête 
au-delà duquel je ne vois pas 
au loin le restant du paysage. 

Je me penche, lève les yeux 
que j’ai à l’intérieur de la tête,
et l’avenir est cette torsion. 

Cette petite torsion dans le cou,
au loin que j’ai dans la tête,
qui me permet d’avancer. 
  • 27.12.25

Quelques mots sur la table

Je vois passer les heures
dans la soupe du soir,
la grosse cuillère plonge
dans les grumeaux du ciel.

Mon absence se dispute
quelques mots sur la table,
un oiseau sans gène glisse
dans l’assiette du monde.

Dans son sillon un peu de sel
pour retrouver le premier goût.

2018
  • 25.12.25

Nous

J’écoute le vent siffler
un air froid et piquant ;
la mélodie fuit entre les tuiles
taillées comme des hautbois. 

À chaque note
aussi brève que répétée,
on entend la rugosité du jour
dans les combles du temps. 

Ça racle et trébuche 
sous les toits, dans les soupentes,
vrille et tord — j’écoute
le vent nous dire nous.

2022
  • 22.12.25

En vitrine

L’avenue est pleine d’hiver, de regards tombés dans les cols. L’air pourtant doux se charge lentement d’une brume de plomb. C’est le moment que choisit le clocher pour sonner l’heure des vêpres. 
 
Les fidèles sur le parvis de l’église sont des ombres à qui on a gommé les contours. À l’autre bout de la rue, je suis des leurs, m’apercevant flou dans le reflet de cette vitrine que deux guirlandes s’évertuant à clignoter n’arrivent pas à égayer. 
  • 20.12.25

Le silence qui suit

La cloche du tram retentit
longtemps après qu’il est passé.
Mes vêtements pendent au balcon,
remués par un vent léger.

Le silence qui suit m’étonne. 
Le ronronnement du frigo
prend le relais sans se presser,
linéaire et sans mystère.

J’aime sentir l’odeur de la lessive,
mais elle se mélange rapidement
à la poussière qui s’élève de la rue ;
je mets alors le nez dans un drap.

Un rire éclate sur le trottoir,
pose un sourire sur mes lèvres.
J’ai envie de dormir avec ce rire,
le roulis d’un tram dans les oreilles.

2022
  • 15.12.25

Mémoire immédiate

À rester là, depuis ma fenêtre 
sur la vue des toits voisins,
montent souvent des pensées. 

Vouloir les écrire, aussi vives 
qu’elles traversent l’esprit. 
Les capturer en quelques mots,
en faire un jeu, une sorte de poème 
à consommer une fois, puis à jeter. 

Mais elles se dissolvent bien vite. 
De pensées à idées, pas le temps :
à peine nées, elles se dispersent
sur les toits comme des souris affolées.
  • 10.12.25

Vieille carne

Ce petit matin sourit jaune
et sent le chien crevé. 
Je le vois se traîner sur le pavé,
vieille carne, la gueule en sang. 

Ce matin a les crocs,
grogne et mord dans la nuit. 
Oublie l’aube couleur curaçao,
coulis d’orange sur les toits !

C’est un matin de boucher, 
une trace rouge sur ton tablier. 
Un jour qu’il faudra vider
de ses boyaux pour avancer.

2023
  • 7.12.25

Rien d’important

Une ouverture dans le regard
où quelque souvenir affleure.

Sous la peau fine de la paupière
crépite une mémoire rouillée,

un vertige qui est vite battu
par la moisson du jour.

Rien d’important sinon ce ciel
où se dessine encore ton visage.

2018
  • 4.12.25

À la fois

Je compte les voix
qui m’appartiennent
et dansent dans ma tête
des pas de deux,
des pas de passage.

Mouvement dense
de quelques cellules,
notes blanches puis noires
qui à la fois me révèlent 
et m’enferment.

2021
  • 1.12.25