S’encombrer du monde

image S’encombrer du monde, être là parmi sans vraiment. Cultiver dichotomie du moi, social ou pas, pas social, asocial. Ne pas être schizo mais moi si. Aimer être avec mais préférer souvent sans, parce que seul, entier, remède à confronter l’autre, celui qui mais qui ne fait pas. Alors subdiviser, couper ce « je veux » en quatre, briser l’élan et retourner. Va-et-vient, réveil, avancer sur glace quand et puis non, pourquoi et puis oui. Réchauffer, fondre, m’oublier après on verra.

S’encombrer du monde. Aimer sans être apte, recouvrir, ne plus voir. Demain, oui, demain, et finalement rien. Pas pouvoir ou ne pas vouloir. Descendre bien bas pour pousser sur talon du fond, rebondir haut, sornette. Retourner dans les sens contraires. Alors, me voiler, donner le change pour que rien ne change. Mordre la lisière, trisser le temps. Masque affable, à fable de moi. Me mentir d’abord après on verra.

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13 commentaires:

  1. Le "to be or not to be" prend en effet à nouveau tout son sens lorsqu'on web sa vie comme tu le fais et je comprends tes questions. Et malgré la procrastination, la dualité et l'envie de tout embrasser qui nous guettent tous, continue de creuser Christophe, encombré du monde peut-être, sans doute, mais duquel tu parviens à t'abstraire aussi pour revenir là (même quand tu crois ne plus y être, tu restes bien présent pour nous autres).

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  2. Je creuse, je creuse sans souvent trouver de fond mais le déblaiement vaut le coup, je crois. Des trous, des p'tits trous, toujours des petits trous. Merci Christophe.

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  3. "Retourner dans les sens contraires" je sens ça comme fort, visuellement fort. Peut-être pas du mensonge mais du baume. (et Christophe a raison, fichtre)

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  4. En te lisant je vois une balle qui rebondit contre les parois de sa vie.
    "Aimer être avec mais préférer souvent sans, parce que seul, entier..." Oui, je re-sans .o)

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  5. être à côté de soi
    pas dedans
    pas sauter
    et pourtant s'encombrer du monde
    très beau texte qui ne triche pas lui !

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  6. Se désemcombrer de soi, je perçois mieux votre regard d'un coup à l'appui de ce texte, bien éloigné du mensonge.

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  7. ça résonne pas mal dans ma tête à moi, cette chose là. Merci Christophe.

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  8. cjeanney > ah c'est joli le baume pour pas dire mensonge, c'est plus doux. Merci.

    aléna > à défaut de savoir quel sens, c'est rythmé. Merci.

    Cat > tu re-sans aussi, ça va, pas seul à rebondir et taper les murs. doum-doum ;)

    kouki > et si le monde c'était encore moi... ;)

    Frédérique > Se désencombrer de soi ! Voilà qui sonne encore plus juste. Merci.

    petite racine > merci à toi dans ta tête à toi :)

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  9. "Etre fidèle à soi-même, aube permanente."(Georges Haldas). Avant toute chose. Prendre acte de la rumeur du monde, ET vivre autrement, au plus près de soi, de ce qui palpite, si proche.

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  10. Un sport de l'extrême, Christophe, à pratiquer jeune. (Peut-être pas "à jeun"!)

    (Bien avant de devenir le célèbre psychanalyste qu'on sait, Lacan avait dit d'Artaud qu'il était "forclos", autrement dit qu'il ne bougerait plus d'un iota. On le lui a reproché mais Artaud était une victime très consentante et bien plus lucide qu'on l'a prétendu.)

    J'adore votre dernière phrase : légère et terrible.

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  11. J'ai ressenti ces émotions très, trop longtemps puis un jour, mes fenêtres se sont ouvertes sur la vie et depuis, je vais...

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  12. Frédéric > Des paroles bien sages sur lesquelles il faut lutter pour les rendre action. Merci.

    Depluloin > suis certainement "forclos" et lucide aussi mais après what else ? (merci)

    Epamin' > ah mais je vais aussi mais où ? :)

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