Presque rien

Samedi tôt sur une terre d’été,
la ville s’offre une respiration. 
Deux hommes de la voirie 
nettoient les rues à grands jets
d’eau retombant en bruine
sur mon passage. 

Samedi tôt sur une terre d’été,
l’odeur d’urine de la veille
donne un léger haut-le-cœur ;
je n’ai pas de monnaie 
à donner au clochard 
couché sur un banc. 

Samedi tôt sur une terre d’été,
le livreur Deliveroo, allongé
sur le parvis de l’église, et moi
portons la même casquette ;
une occasion pas si fréquente
d’échanger nos sourires.
  • 4.7.26

Goût de lune

Le jour n’a pas fini
de frotter sa figure et le trottoir
a des fourmis dans le pavé. 

Lentement le quartier s’éveille. 
Une fenêtre s’ouvre puis une autre 
comme les doigts d’un poing serré. 

Il reste un morceau de lune 
coincé dans ma bouche 
et la nuit me parle encore.
  • 4.7.26

Divine idylle

Le rideau et le vent
vivaient un parfait amour
sous le nez d’une fenêtre
qui, battants ouverts,

cherchait leur attention
par ses va-et-vient,
tout en faisant scintiller 
ses jolis carreaux au soleil.

Mais rien ne vint troubler
l’idylle éolienne et textile,
gonflant de fierté le rideau,
et le vent, de passion.
  • 4.7.26