Et le démon s'évanouit

Gérard n’en était certainement pas à son coup d’essai. L’histoire a pris fin comme elle avait commencé, dans une incompréhension réciproque. Lui, le quinquagénaire à tendance patriarcale, elle, la jeunesse prise dans l’étau de ses sentiments contrariés.

Barbara a modifié peu à peu ses rapports professionnels en relations ambiguës. Le patron qu’était Gérard était pour un temps devenu l’amant. Et cet amour combattu a fait fondre toute perspective de retour à la normale dans le petit atelier. Comment pouvaient-ils allier amour et collaboration au travail ? Sans surprise, l’ambiance s’est délitée. Elle, jouant de l’attraction sur son aîné. Lui ne pouvant répudier ses œillades manipulatrices.

Que pouvait-il advenir de cette relation impossible ? Rien, cela aurait été le mieux. Mais, la fierté de Gérard était atteinte. La fuite de l’aimée vers un garçon de son âge fut trop insoutenable. Le jeune homme s’est vu soudain affublé de tous les défauts. « Il ne la connaît pas, il n’a pas les épaules, ce godelureau » me disait-il sans détour. Gérard se mit alors à trouver toutes les bonnes raisons pour ne pas admettre son échec.

Barbara, quant à elle, douta de plus en plus de la valeur professionnelle de son directeur. Sa confiance jusqu’alors sans faille se ternit. Leur belle complicité affichée aux yeux de tous disparut pour laisser place au doute. Incertitude étayée par une subite détérioration de leur qualité de travail respective. Barbara et Gérard ne s’entendaient plus, au sens propre comme au figuré.

Dans cette ignorance devenue pesante, je fus à nouveau le témoin et le confident de Gérard. A l’aide d’allusions à peine dissimulées, il me demanda conseils à plusieurs reprises. Je ne lui divulguai aucun commentaire, pas plus que d’avis qui aurait pu le satisfaire dans cette descente d’hormones. Il tourna, révisa maintes fois ses positions sans vraiment prendre en considération celles de Barbara. Il avait été bon avec elle, c’est certain, mais aujourd’hui, la vexation et l’atteinte pugnace de son ego altéraient fortement son jugement.

Il y a deux semaines, Barbara déposa au bureau des ressources humaines une lettre de démission en bonne et due forme. Sans avertir Gérard, elle partit le lendemain. Avant de franchir le seuil de l’entreprise, elle vint me saluer avec dans les yeux le regret de cette histoire déchue. La belle s’est enfuie. Gérard ne m’a jamais plus reparlé de Barbara.

  • 25.11.09

Le sevrage

Gérard se fourvoie Un peu agacé d’être pris à partie dans une histoire où personne ne veut vraiment avancer, je décide de laisser mon Gérard et sa Barbara dans leur névrose post-œdipienne. Nos rapports quotidiens se modifient alors rapidement et ne se résument plus qu’à de simples échanges professionnels. Je ne m’en porte pas plus mal,  chacun continue sa route : elle, dans son mutisme charmant, lui, dans sa confusion pére-amant et moi, dans ma satisfaction du triangle rompu.

Jeudi dernier, je rappelle à Barbara sa proposition concernant la petite chatte. L’anniversaire des jumeaux approche et mon impatience se fait sentir. Elle m’indique que le sevrage maternel n’étant pas encore terminé, il serait difficile de l’avoir pour la date prévue. Un peu contrarié mais conscient des effets néfastes d’un sevrage sauvage, j’approuve sa position et lui demande de me tenir au courant de l’avancée des choses.

Samedi, elle m’envoie un email. La chatonne est presque sevrée ! Je peux la récupérer dés que je veux. Je suis ravi de la nouvelle, m’empresse de l’appeler pour confirmer ma venue dés le lendemain. Elle profite de mon appel pour m’annoncer son déménagement ce week-end. Elle est enchanté de pouvoir me montrer sa nouvelle maison. Je suis surpris par cet engouement et cette proximité soudaine comme si nous étions devenus des amis de toujours. Notre enthousiasme commun pour les chats y est certainement pour beaucoup.

J’arrive vers 11h00 sur le bord de RN113 proche du village où vivent mes enfants. En contrebas, j’aperçois Barbara, le téléphone à l’oreille. Elle me guide depuis quelques kilomètres. Après quelques virages dans la campagne, je la rejoins dans un petit mas vétuste. Je l’embrasse et je la trouve immédiatement différente. Elle est gaie et arbore toujours son sourire persistant mais à la différence de nos autres rencontres, je n’y vois aucune malice, ni niaiserie. Elle est détendue, fraîche et disponible.

Elle m’invite à entrer dans son nouveau sweet home. Derrière la maison, sur la terrasse, nous attend un garçon d’une trentaine d’années. Elle me présente et j’apprends qu’il est son ami. La discussion s’amorce sur des banalités d’usage et tandis qu’elle me parle des bons soins à apporter à la chatonne, je pense à mon  Gérard. A la vue des deux tourtereaux tous deux perchés sur un nuage, je pense au fourvoiement dans lequel Gérard s’est enfoncé. Ils me proposent de boire une bière, j’accepte et nous passons un moment très agréable.

Je repars avec mon petit animal dans un sac de sport. Je n’ai pas eu besoin finalement d’avoir une grande discussion philosophique avec elle sur les tenants et les aboutissants de sa relation avec son manager quinquagénaire. Cette simple rencontre a fait la lumière sur l’histoire. Gérard peut retourner dans son foyer paisible, entourer d’amour sa famille et surtout maintenant, commencer à se sevrer de la belle Barbara.

  • 21.11.09

Un Gérard ambigu

image Gérard n’a pas l’air en forme. Je le croise furtivement dans les couloirs sombres de notre entreprise. Un « bonjour », un « comment ça va ? » et nous passons avec dans nos regards respectifs, de l’interrogation pour moi, de l’envie de parler pour lui ; le moment ne se prêtant jamais à une discussion calme et réfléchie.

Mardi dernier, à l’occasion de la révision de son véhicule de fonction, nous voilà tous les deux sur la route en direction du garage. Je l’accompagne dans un autre véhicule et me perds dans des pensées post-prandiales puis, me recentre sur son histoire avec Barbara. Je ne sais pas pourquoi mais leur idylle tordue attise mon côté voyeur. Je décide donc, lors du retour, de m’enquérir des nouvelles de la belle et de la bête.

Nous arrivons au garage vers quinze heures. Nous patientons à l’accueil dix bonnes minutes en écoutant la réceptionniste de l’atelier détailler au téléphone ses histoires de cœur à sa meilleure amie. Je m’aperçois que mon Gérard se décompose sous mes yeux. Il est blême, visiblement fatigué. Je n’arrive pas toutefois à lui parler. Entre ses coups de téléphone incessants et la voix nasillarde de la demoiselle au babillage frénétique, la cacophonie empêche toute amorce de soutien ou de discussion. La pipelette raccroche enfin et daigne nous demander l’objet de notre présence. Je fais les papiers nécessaires à la prise en charge du véhicule et nous repartons très contents de savoir que Mireille s’est tapée Fred dans les toilettes du Macumba samedi soir.

Sur le chemin du retour, j’évoque Barbara dès les premiers kilomètres. Il reste évasif encore une fois, marmonnant dans sa barbe quelques « mouais » suivis de mots impénétrables. Je change alors de discussion et nous parlons de choses et d’autres. A nouveau du boulot, puis de sa sœur hospitalisée. Un froid. Nous relançons nos babillages sur la grippe porcine devenue mexicaine au bout de deux jours pour finir simplement par se voir affubler d’un « A » étrangement dénué de signification. Le sujet de la belle Barbara est sous-jacent. Nous avons envie de l'aborder mais aucun de nous ne sait vraiment comment s’y prendre.

Je coupe court à notre plate discussion et lance faussement énervé : « Et Barbara ! Bordel ! ». Un sourire, puis deux, puis il se lance dans un monologue inhabituel. Il me surprend avec une longue tirade sur l’inconscience de la belle, son immaturité, sur une pseudo histoire avec un garçon de son âge, sur l’incapacité dudit garçon à la rendre heureuse etc…etc… Je l’écoute, le regarde et je me questionne en silence. « Ne serait-il pas en train de se prendre pour son père ? »

Il se calme et je lui fais part de mon interrogation silencieuse. Il sourit encore et je pousse plus loin mon raisonnement. Je lui avoue mon inquiétude à la vue de ce sentiment d’amour contrarié. L'ambiguïté amant-père ou fille-maîtresse peut créer, de façon certainement inconsciente, une levée incestueuse dans leurs esprits. Je m’empresse de lui dire que mes propos n’engage évidemment que moi. Il ne dit rien. Il ne relance pas. Je me tais évitant ainsi de surenchérir sur ma psy de comptoir.

Nous arrivons au bureau et nos chemins se séparent. Barbara l’attend devant le portail du hangar. Leurs regards chauds se croisent. Je disparais.

  • 18.11.09

Gérard doute

image J'avais laissé mon Gérard en fâcheuse posture. Cinquante années d'insouciance affective sont passées sans qu'un accroc ait déstabilisé son couple. Et voilà que l'amour ou l'attirance physique de la jeunesse le tiraille désormais jusqu'au plus profond de son cœur voire plus bas, vers l'entrejambes.

Quelques semaines se sont écoulées et j'ai cru l'incartade sauvage avec son employée, la belle Barbara, terminée et reléguée aux oubliettes des sentiments défunts. Que nenni ! Hier soir, vers 21h30, le téléphone sonne... Habituellement, à cette heure là, je ne réponds jamais. Passé 20h30, je considère toute intrusion dans ma bulle crépusculaire comme inopportune et presque indécente. Bref, je ne sais pas pourquoi, ce soir, je vois s'afficher son nom et je réponds.

Un peu gêné par cet appel tardif, Gérard hésite, balbutie quelques mots inaudibles avec une voix ronflante visiblement fatiguée. Je le rassure et lui garantis que son appel nocturne ne me dérange pas du tout, mais alors vraiment pas du tout. Il se décontracte en soufflant sur son combiné quelques bouffées de fumée. Il est dehors et arpente la rue avec son chien. Il profite de cet instant de haute solitude pour s'interroger et me donner des nouvelles de son idylle décevante.

Je le remercie et reste tout ouïe pour la suite que je pressens savoureuse et haletante. Il commence à flatter mon acuité innée s'agissant de difficultés amoureuses et poursuit en me demandant si j'avais perçu un changement de comportement chez Barbara. Je suis surpris par cette question sachant que je côtoie peu la demoiselle. Son désarroi est perceptible et en guise de réponse, je le questionne à mon tour sur l'évolution de leur relation. Platonique et ambigu sont les premiers adjectifs qu'ils me lancent dans un soupir exaspéré. Je demande alors s'il perçoit, lui, une modification de comportement qui pourrait laisser entrevoir une nouvelle ouverture, un retour en grâce de son attrait sexuel vieux d'un demi-siècle. Il sourit, rit même, mais cette euphorie soudaine sonne faux. J'imagine son rictus crispé, sa tête de chien battu au pied de son fidèle compagnon le regardant avec la même gueule d'homme abattu...

Je n'en saurais pas plus ce soir. Je lui propose de me rapprocher de Barbara et discrètement d'évaluer son état d'esprit, de cœur et de libido du moment. Il me remercie dépité du peu d'éléments que je lui ai fourni. Il accepte néanmoins mon approche de sioux des cœurs et m'invite à venir dés demain matin boire le café avec sa douce et, décidément, bien espiègle Barbara.

  • 16.11.09

Gérard s’emballe

image Barbara est entrée dans l’entreprise il y a peu. Jeune femme de trente ans, un look de garçonne mais néanmoins une jolie fille, elle porte toujours un regard timide sur les gens. Sa discrétion est appréciée et elle affiche inlassablement un sourire aimable. On l’a dit professionnelle, compétente et assidue. Gérard la glorifie depuis qu’elle officie sous ses ordres en tant que technicienne/assembleuse. Et de toute évidence, d’assemblage il est de plus en plus question.

Je le regarde, il me regarde. Un gloussement complice déborde. Je le complimente, clairement flagorneur, sur sa conquête de vingt ans sa cadette et tente de le détendre en plaisantant sur sa libido retrouvée. Il sourit, puis rit volontiers en ajoutant quelques commentaires graveleux proche de la misogynie. Il s’emballe et semble revigoré comme débarrassé d’un poids évident. Je ne le relance pas et l’écoute patiemment pour que cesse l’élogieuse escalade de sa virilité renaissante.

Il se tait enfin et son visage s'obscurcit à nouveau. Il hoche la tête et, sur un ton devenu grave, m’avoue être « raide dingue amoureux ». Je recule avec ma chaise et manque tomber de la petite estrade en teck rehaussant la terrasse de la pizzeria. Les deux moitiés de pizzas sont maintenant froides tandis que l’on peut voir clairement à travers la bouteille de Bordeaux. Gérard a la figure rosée et je ne me vois pas, mais la chaleur sur mon visage m’indique une couleur similaire. Il est 14h00. Nous sommes en retard.

Dans la voiture, de retour vers le bureau, il raconte tout feu, tout flamme, leur rencontre et leurs premiers ébats lors d’un voyage professionnel puis s’étend sur leurs « culbutes » répétées, un coup dans l’atelier, un coup dans la salle de réunion et un coup dans son bureau. Quelle forme ! Son discours est décousu, rapide mais je l’observe et il s’agit bien d’Amour. Gérard, cinquante ans, est une nouvelle fois amoureux. Il est heureux. L’homme puissant peut à nouveau briller de son sex-appeal, épater ses congénères, se rassurer sur sa beauté et se défaire auprès de moi de l’illégitimité culpabilisante de ses actes.

Arrivés devant l’entrée de l’entreprise, il me prend par l’épaule et me remercie chaleureusement de l’avoir écouté. Je le maintiens comme je peux pour éviter que nous traversions ensemble les couloirs en titubant. Notre soudaine proximité et les vapeurs d’alcool me gênent. Je m’écarte et lui souhaite une bonne après-midi avant de regagner mon bureau. Il me suit en me hélant. Je m’arrête, me retourne et le vois plaquer contre une cloison de son atelier, la tête baissée et les yeux clos. Le Bordeaux était bon mais un peu violent ! Je le rejoins pour m’assurer que tout va bien. Il marmonne quelques mots incompréhensibles, lève péniblement la tête et dans un râle dégoulinant en sanglots me lance : « ELLE ! La salope ! ELLE ! La salope ! ELLE ! Elle ne m’aime pas ».

  • 15.11.09

Le démon de Gérard

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Il est devenu presque un ami. Je le connais depuis un peu plus un an.. La cinquantaine, un air d’adolescent, un look improbable et malgré quelques positions arrêtées qui m’horripilent, le nouveau directeur de production à la faconde battante m’avait plu d’emblée. Le contact avait été facile dés le départ malgré la différence hiérarchique qui aurait pu imposer des distances de principe. Un regard simple sur les choses et quelques failles non dissimulées avaient fini par dresser le portrait d'un « homo-amicalus » qui, pas trop près de moi ni trop loin, me convenait.

Depuis, je le croise tous les matins devant la machine à café. Nous partageons les pauses cigarettes et nous déjeunons fréquemment ensemble. Là, avec plus de temps, nous parlons boulot et refaisons le monde entre un big-mac et une heineken. Une relation simple mais riche s’est installée tranquillement sans effort, ni grand jeu d’esbroufes entre nous.

Les jours passent et je m’aperçois, peu à peu, qu’il s’écarte non seulement de moi mais de l’ensemble des collaborateurs de la boîte. Dans un premier temps, je ne fais pas attention, habitué que je suis au genre humain et à de tels écarts dénués de sens. Il passe et repasse rapidement dans les couloirs, la tête baissée, semblant happé par son travail. Il nous salue tout le temps, mais ne s’attarde pas. Pour autant, un sourire nouveau est né sur son visage. Ce détail indiquant de toute évidence une humeur joviale, je ne m’inquiète pas plus que ça.

Quelques semaines plus tard, je le vois revenir lentement vers moi. Il prend de mes nouvelles et je fais de même. Nous discutons cinq minutes de tout, de rien et il m’invite à déjeuner pour le vendredi suivant. J’accepte et nous retournons à nos tâches respectives. Il repousse l’invitation trois fois. Je m’aperçois que celle-ci revêt pour lui une importance particulière et que l’embarras qu’il tente de me masquer lui dévore le visage.

Lundi dernier, la date enfin fixée, nous nous retrouvons à la pizzeria du coin. Comme je le pressentais, nous ne sommes pas encore installés à la table qu’il me demande s’il peut me faire une confidence. C’est le genre de question que personne n’esquive tant la curiosité fait partie de tout un chacun. J’acquiesce et il poursuit.

Je lis dans son regard comme de la honte ou de la gêne. Il bafoue, il hésite et je ne comprends rien à ce qu’il me raconte. J’essaie alors de le tranquilliser en le rassurant sur le silence que j’observerai sur ses propos à venir. Il se détend et se tait quelques secondes. Nos yeux se croisent et se parlent. Je sens qu’il est temps que je l’aide à préciser ses pensées confuses.

Une serveuse blonde un peu agitée du bocal déboule. Elle nous invite à choisir rapidement. Gérard commande deux whiskies glaces bien tassés. J’essaie de le stopper gentiment lui indiquant qu’un alcool aussi fort en milieu de journée risque de me faire basculer dans une quatrième dimension. Il ne m’écoute pas et ajoute deux « quatre fromages » et une bouteille de Bordeaux. La confidence qu’il s’apprête à me faire doit être de taille pour qu’il ait besoin d’autant de substances euphorisantes. La charmante jeune fille retourne à sa cuisine  en hélant le pizzaiolo et nous nous retrouvons dans le mutisme. Je délie ma langue le premier. Je lui lance quelques pistes afin qu'il reprenne ses esprits et déroule le fil de sa révélation. Je suis impatient. Je n’arrive pas à savoir de quoi il retourne et son malaise m'incommode.

Travail, santé, argent : après avoir écumer ces trois sujets récurrents de nos basses vies, je me décide à l’aiguiller vers le plus intime de tous. J’évoque des soucis conjugaux et là, il esquisse un sourire lumineux. Bingo ! J'avais fait mouche ! Il me regarde et ses yeux bleus ternes se recolorent d’azur éclatant. Par cette étincelle de rétine, j’affine et saisis qu’il est bien question de tourments amoureux mais que devant conjugaux, il convient d'ajouter le préfixe « extra ».

Nos deux pizzas sont jetées du bout de la terrasse par notre serveuse peroxydée et atterrissent en glissade aérienne sur notre table. Gérard porte le cul de son verre jusqu’au front et gobe le dernier glaçon alcoolisé de son whisky. Il me sert un verre de rouge et repose lentement la bouteille. Il se frotte les yeux maintenant humides, me fixe désemparé, et dans un souffle saccadé me lance un prénom : « Bar...Bar…Barbara… ». Tiens ! Il est midi.

  • 13.11.09