Capture

Capture - Crédit : Robert LubanskiGrand, vaste, majestueux, j’aime me balader dans les lieux publics. Surtout les halls de gare. Toujours une multitude de gens fourmille dans ces endroits de transition. Lents d’un pas hésitant ou agités par une marche véloce, la foule interchangeable circule sur un plateau vivant où chacun se croise sans jamais se rencontrer et repart ensuite jouer son rôle ailleurs. Forme concentrique d’une société qui se côtoie mais ne se connaît pas, la diversité humaine est présente, visible, olfactive et pourtant si muette.

Moi, j’aime regarder ce ballet en quête de capture.

Les badauds aux allures absentes contemplent les vitrines. Madame est séduite par le dernier tailleur Dior tandis que monsieur lorgne sur les derniers mocassins Weston. Puis tous deux, têtes baissées, repartent frustrés par les affichettes mentionnant des sommes prohibitives. D’autres me dépassent rapidement. L’un d’entre eux me bouscule. Col blanc et attaché-case, il se retourne brièvement et, d’un rictus serré, marmonne une excuse que je n’entends pas. Il continue sa course, la tête empêtrée dans je ne sais quel dossier urgent qu’il va inévitablement bâcler lors de son prochain voyage.

Moi, je continue en quête de capture.

Plus loin un groupe d’adolescents de retour d’une classe verte chahute prés du bar. Foule dans la foule, ils sont unis ou du moins le semble-t-il. Une tribu homogène dans la masse impersonnelle et anonyme des voyageurs. Je les frôle, vais jusqu’à pénétrer dans leur bulle mais ils ne me remarquent pas. Tout juste me regardent-ils d’un air méfiant. Je ne fais pas partie de leur clan mais du décor. Un passager inconvenant comme les autres. Somme des inconvenances qui ne forme finalement que la banalité des lieux. Une jeune fille sourit puis glousse à l’écoute des blagues salaces de son ami pour terminer en éclats bruyants qui résonnent dans l’enceinte. Rire tonitruant qui ne transmet rien, qui ne touche personne. Les passants s’écartent du groupe, filent les yeux révulsés dans les couloirs perpendiculaires pour éviter la contagion d’un rire au risque communicatif.

Moi, je continue en quête de capture.

Je m’écarte et m’extraie du groupe puis je la vois arriver. Démarche féline, dandinement de top-model, elle regarde droit devant, les yeux fixes et le sourire glossy. Semblant compter ses pas, elle lance ses jambes en avant avec une grâce désinvolte. Chevelure blonde sur talons hauts, nulle part ailleurs, elle aurait été assaillie de regards indiscrets, avides voire passionnés. Ici, rien. Dans ces lieux, même une telle beauté surnaturelle passe inaperçue. D’un geste élégant, elle remonte son sac à main sur son épaule avant de rafraîchir sa coiffure du revers de la main. Elle dégage son trolley pour faciliter le passage entre deux rainures du carrelage et s’avance vers moi. Bon sang, personne ne la voit ! Je la contourne au plus large pour qu’elle ne me remarque pas. Fais mine de partir dans le sens inverse et me retourne…

Et là, dans son dos, moi, je la capture.

Ce texte répond à l'invitation du Coucou et de Dedalus à participer au Jeu d'écriture n°3 initié par Madame Kevin.

  • 17.3.10

L’énigme des deux ellipses

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Personne ne les a jamais vus mais tout le monde en parle. Ils sont venus nous coloniser, disent certains. D’autres ne veulent pas y croire et ne voient en eux que l’avènement d’une nouvelle civilisation. Aucune preuve tangible ne vient étayer leur existence. Mais l’humanité sait. Rien ne sera plus comme avant.

La curiosité – réaction humaine – nous a conduits sur ce chemin. Tracé rectiligne vers un espoir renaissant ou dédale sinueux vers un monde qui s’écroule. L’aventure, l’adrénaline, la méconnaissance, l’excitation, l’envie et la crainte. Un mélange de sensations qui met en émoi les cœurs pantelants et aiguise les esprits brassés de divagation. Des groupes se sont formés. Les plus farfelues supputations ont envahi les espaces de vies, chacun y allant de son couplet fantasmagorique. Martiens à têtes ovoïdes sortis de l’inconscient collectif ou corps vaporeux, ectoplasmes de nos perceptions altérées par tant d’actions destructrices. Les extrêmes contiguës comme le blanc et le noir côtoient le bien et le mal. Dichotomie sauvage où la nuance n’a plus d’espace. Aux antipodes d’un raisonnement lucide, des entités belliqueuses envahissant nos villes et nos campagnes viennent rapidement s’opposer à d’intrépides providences évanescentes sauvant in extremis la planète de la dépravation humaine.

Aujourd’hui, tout a changé depuis que ces yeux étrangers et imparfaits sont apparus. L’homme s'ébroue et son intelligence est compromise. La peur légitime a envahi les zones les plus reculées pour remonter dans nos cités pourtant surprotégées. L’image a fait le tour du monde. Inexpliquée. Les ellipses d’une formidable intensité lumineuse fixent la nuit pour mieux nous hypnotiser. La gauche plus imposante semble vouloir nous amadouer d’un clignement ostensible ou bien nous fixe t-elle intensément pour nous questionner sur le piètre théâtre que nous lui proposons. Deux excroissances rétiniennes mystérieuses que personne ne se risque plus à commenter. Nous sommes désormais prisonniers de l’énigme fondée sur deux ellipses aperçues sur un chemin vicinal le 22 janvier 2010. Et le monde a basculé.

Jeu pour le plaisir d’écrire initié par Epamin’ sur son dernier billet : & Des histoires qui roulent

  • 23.1.10

La première fois que j’ai fait du sexe

Le titre de ce billet peut paraître racoleur. Je ne doute pas qu’il le soit mais il est aussi posé là, à la vue de l’ami Google, à cause d’une réplique de mon fils à sa sœur. La discussion tournait autour d’un « grand » de cinquième qui aurait fait la chose avec sa petite copine de classe. « Et, il a fait du sexe avec elle ? » s’interrogea mon Arthur !

La première fois : c’est aussi l’objet d’une chaîne initiée par Didier Goux et transmise par Madame Zoridae de la Sexualité. Donc, je m’y colle.

Ma première fois ou presque...

J’étais en cinquième au collège Jean Jaurès de mon village. Ce petit établissement regroupait quelque deux cents enfants du bourg. Autant dire que nous étions presque en famille. Tout le monde connaissait tout le monde. Il était d’ailleurs fréquent de se faire appeler directement par le prénom d’un de nos parents, natif du village : le petit de Marcel, la petite à René etc. Nous étions la progéniture locale, héritière du patrimoine social et rural de nos parents.

La petite à Gilbert me tournait autour depuis quelque temps. Elle était à Gilbert et elle était vraiment petite. Elle ne parlait pas beaucoup, restait d’une allure banale et ne provoquait en moi aucun émoi. J’avais 13 ans à peine, en éprouvais-je vraiment pour quelqu’une d’autre ? Son minois était pale, entouré de petites tâches brunes. Elle portait souvent une jupe verte « en rideaux ». J’utilisais cette expression un peu moqueuse à cause de la ressemblance du tissu avec les tentures entourant la fenêtre de notre salle à manger. Une espèce de cotonnade bordée de velours côtelé que je m’amusais souvent à caresser du doigt. Les rebonds et pliures que provoquait mon frottement me faisaient passer le temps lorsque j’étais perdu dans mes pensées.

Il se trouvait que Gilbert et sa famille étaient nos voisins. Je voyais souvent sa petite, je la retrouvais dans ma rue. Un jour, nous étions tous les deux assis sur le banc public qui fait face à nos deux maisons. Je parlais, elle m’écoutait sans un mot. Ses yeux trahissaient son émotion. Elle semblait troublée et cela me troublait. Pris de panique par son regard appuyé, je pris instinctivement sa jupe pour mes rideaux. Tandis que je roulais le tissu sous mes doigts, je ne vis pas que le vêtement remontait sur ses cuisses dévoilant les dessous de la demoiselle aux éventuels passants. Elle se laissa faire puis saisit mon autre main sans rien dire, m’intimant de la suivre.

A quelques mètres de chez nous, une maison abandonnée offrait un recoin idéal entre deux murs à moitié détruits. Son regard était devenu éloquent. Son excitation était palpable. Ma panique m’invitait à ne plus palper quoi que ce soit. A même le sol, à l’abri des regards, les deux murs nous laissaient à peine la place de s’asseoir. Nous nous assîmes d’ailleurs pas. Elle me plaqua contre terre, me sauta dessus, dégrafa ma braguette d’une main en appuyant l’autre sur mon épaule. J’étais agréablement piégé. Je n’ai résisté que très peu de temps. Nos bouches jointes, elle fit glisser de bas en haut sa jupe-rideau contre mon bas-ventre, provoquant irrémédiablement une belle turgescence de mon appendice viril. Les ébats ne durèrent que quelques minutes avant que nos barrières vestimentaires ne disparaissent complètement. Nus comme des vers à l’heure de l’apéro et en plein été, j’étais à deux doigts de me faire dépuceler.

J’avais chaud. Je sentais le poids de son corps sur le mien plus frêle. Il m’oppressait. Ses taches de rousseurs que j’aperçus entre deux clignements de mes yeux hagards m’affolèrent. Je ne la trouvais pas jolie et j’étais embarrassé. La petite à Gilbert m’excitait mais je ne la désirais pas. Était-il vraiment temps à faire la fine bouche sachant que la sienne s’approchait dangereusement de mon intimité ? Elle posa ses lèvres et tout s’évanouit. Une décharge d’adrénaline s’empara alors de mon corps me faisant tressaillir de la tête aux pieds. Elle se recula brusquement évitant ainsi l’éruption sur le vert de sa robe, puis m’adressa un grand sourire espiègle. Elle se releva me laissant gisant sur le sol, la queue entre les jambes. J’avais honte et je voyais le rouge sur mon visage comme s’il se reflétait sur ses dents blanches.

Nous n’avions échangé aucun mot depuis l’emballement de la situation. Elle m’aida à me redresser puis regroupa nos vêtements éparpillés. Une fois revêtus, nous rentrâmes toujours muets main dans la main. Entre nos deux maisons, elle se retourna vers moi, m’embrassa sur la joue et m’invita pour le lendemain à son dix-huitième anniversaire.

Nombreux sont ceux qui ont déjà participé à cette chaîne. Pour ne citer que ceux que j’ai aperçu ou lu : Olivier P., Dorham, Poison-Social, Nefisa, Suzanne, Pierre Robes-Roule, Nicolas, Manutara, Zoridae et Didier Goux, cités plus haut.

Je souhaiterais néanmoins lire la première fois de : elle-c-dit, lola et babel. Oui, je ne cite pas d’hommes !

  • 16.10.09

Lire numérique - La chaîne d'Arnaud

image Comme un n’arf qui blogue en web deux et bien je m’auto-tague ! Je peux, je suis plusieurs alors j’en profite ! J’ai lancé sur le n’arf II une chaîne à l’occasion du démarrage prochain du Roman d’Arnaud. Piqûre de rappel pour ceux à qui ça aurait encore échappé :

"Le Roman d’Arnaud est une expérience de lecture 2.0 qui s’appuie sur le principe de l’édition numérique et du Web 2.0. L’expérience va débuter le 31 octobre 2009. Pendant 40 jours et 40 nuits, trois auteurs vont se relayer pour écrire un roman d’un nouveau genre sur Facebook en offrant la possibilité aux lecteurs d’interagir au fur et à mesure que l’intrigue leur sera dévoilée.”

 
Revenons à la chaîne avec trois petites questions sur ce sujet passionnant de l’édition numérique :
  1. Lisez vous des livres sur écran ?
  2. Si oui, quel type de publication ?
  3. Si non, pourquoi ?
Oui, je lis sur écran. D’ailleurs, je ne fais que ça. Comme je l’ai déjà expliqué lors d’un précédent tag portant sur l’écriture au féminin, je ne lis pas de livres papiers à la bonne odeur de carton poussiéreux. Je le regrette parfois mais c’est ainsi. Je ne me suis pas laissé aller à la lecture tranquille allongé sur mon lit, sur un canapé ou au soleil. Non, je lis devant mon écran vos blogs, des articles de presse en ligne mais pas encore de livres. Quand Jean François Gayrard m’a proposé l’aventure du Roman d’Arnaud, je suivais déjà ses activités sur son blog numerikbook. Il suit de très prés la montée en puissance de l’édition numérique et m’a ouvert de nouveaux horizons de lecture sur iPhone, eBook et autres terminaux nomades. Il m’a convaincu, d’une part, de participer à l’écriture de ce roman d’un nouveau genre et d’autre part que la lecture numérique était non seulement possible mais aussi inévitable.
 
En effet, la génération Y, comme on se doit aujourd’hui de l’appeler, partage son temps libre entre l’écran de son ordinateur, la console de jeux et la télévision. La place du livre traditionnel, même si je me garde bien de le critiquer, est devenue réduite, non par désintérêt mais à cause d’un changement de priorités. L’interactivité, le partage et l’envie de socialisation par l’adhésion à un groupe sont autant de facteurs ludiques et chronophages qui relèguent les bons vieux livres entre deux presse-papiers sur une étagère.

La découverte de la lecture et surtout de nos grands auteurs passe de toute évidence par le livre. Si les éditeurs veulent capter un nouveau marché, c’est bien sur les supports numériques qu’il se trouve. Le but in-fine est bien entendu de canaliser l’attention des non-lecteurs en leur proposant un ouvrage ouvert sur leurs envies, dans lequel ils pourront eux-mêmes s’investir et commenter l’histoire. Voilà, entre autres, un des enjeux du roman d’Arnaud.
 
Je suis convaincu qu’une nouvelle façon d’écrire et de lire est entrain de naître dont le numérique sera le support. Elle ne remplacera pas le livre mais lui donnera une forte valeur ajoutée. Le support papier induit le livre, le support numérique induit l’échange la rapidité et l’accessibilité. Il s'agit maintenant de (ré)concilier ses deux univers parallèles.
 
Vous pouvez déjà lire l’avis de dedalus sur son billet évocateur : de la frigidité de l’édition numérique. J’aimerai bien lire sur ce sujet : Sylvie, Zoridae, FalconHill, et Philippe. A vos claviers !

Pour suivre, le roman d’Arnaud, c’est sur facebook et twitter

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  • 14.10.09

Je ne lis pas

image Je suis interpellé sur le n’arf II par Homer pour relayer une nouvelle chaîne. Celle-ci consiste à citer nos cinq auteurs féminins favoris et expliquer bien évidemment pourquoi. Je suis bien contrarié car je ne lis pas.

Diantre, fichtre, horreur et damnation, je ne lis pas !

Je suis souvent apostrophé par des lecteurs invétérés qui ne comprennent pourquoi je ne lis pas. Je n’ai jamais été attiré par la lecture gloutonne d’ouvrages littéraires. Je suis le premier étonné car j’aime les mots. J’aime leur sonorité, leur joliesse, leur orthographe, leur double sens parfois. La langue française est tellement riche qu’on ne finit jamais de découvrir de nouveaux jolis mots, expressions didactiques ou tournures de phrases philosophiques.

Alors, pourquoi je ne lis pas ?

Jamais dans ma vie, je n’en ai éprouvé le besoin. Un manque de curiosité dans mes premières années a certainement contribué à me détourner des livres. Ma famille, très peu lectrice, ne m’a pas ouvert à la découverte des auteurs, ne m’a pas plongé dans cette richesse d’esprit que j’entraperçois souvent dans mes lectures virtuelles. Pour rester pragmatique, ma fainéantise reste la cause principale de mon ignorance littéraire. Les pavés volumineux aux centaines de pages m’ont toujours effrayé. De nature versatile et papillonnante, me plonger dans une histoire longue au risque non négligeable d’ennui profond me rebute définitivement.

Pourtant je lis de plus en plus.

A défaut de connaître mes auteurs contemporains, je vous lis vous, blogueurs littéraires ou assimilés. Le média blog est adapté à mon mode de lecture rapide et souple. Alors, je déguste avec plaisir vos billets courts, d’une cinquantaine de lignes maximum, vos histoires, vos tranches de vie, vos nouvelles. Je peux ainsi sauter de lignes en lignes, de liens en liens. Cette lecture là ne m’impressionne pas, ne me fatigue pas. Bien sur, ce sont rarement de grands écrivains. La pensée n’est pas toujours profonde. Les idées sont décousues, les syntaxes approximatives et l’orthographe parfois vacillante. Il me plait cependant par ces mots de sentir battre la vie dans un espace temps restreint où la prise directe avec l’auteur se fait entière.

Alors, en guise d’auteurs féminins, je ne citerai pas des écrivaines publiées mais des blogueuses de talents :

  • Zoridae : Bien qu’elle soit, elle, publiée, ses nouvelles sont des perles.
  • Elle-c-dit : Son écriture est le reflet de sa vie, authentique.
  • Anna : Quand elle écrit, c’est un uppercut émotionnel.
  • Isa : Sa série de billets sur les senteurs m’a emporté.
  • Sylvie : Son quotidien ressemble souvent au mien.
C'est une grave erreur que de parler d'écriture féminine ou masculine. Il n'y a que des écritures tout court et plus elles sont androgynes mieux ça vaut. Nathalie Sarraute
  • 12.9.09

Les cartes postales

Mon facteur ne m’apporte plus de cartes postales depuis des années. Faut dire qu’il n’est pas prédisposé à me glisser de bonnes nouvelles dans la boîte aux lettres. C’est un trentenaire hyper-speedé à tendance timide qui, même lors d’un dépôt de lettre recommandée (celles là, je les reçois toujours), s’empresse de signer la preuve de dépôt, la dépose avant de sonner et file rapidement dans son pot de yaourt jaune.

Bref, il n'est pas très sympa mais je m’en fous. Moi, je veux recevoir des cartes postales du bout du monde d’une personne que j’ai peut être oubliée mais qui se souvient de moi ! C’est bien à ça que servent les cartes postales, se rappeler au bon souvenir de quelqu’un. Et bien, que dalle ! La dernière remonte au siècle dernier, A l’époque, l’inflation n’étant pas galopante, on mentionnait encore le prix sur le timbre, 2,20 francs si ma mémoire est bonne. Elle était classique. Un coucher de soleil avec deux naïades en string vues de dos avec au verso : « Tu verrais ? C’est à tomber le cul parterre ! Bisous de Martinique ».

Je ne suis pas le seul à ne plus recevoir ces chef-d’œuvres épistolaires. La carte postale est lentement tombée en désuétude au profit du mail, du SMS voire du MMS permettant de diffuser en live l’instant d’un bout du monde à l’autre. C’est mieux ? Oui et non. Le petit bout de carton a quand même un cachet (de la poste faisant foi) que n’auront jamais les autres modes de correspondance. Comme le courriel à la lettre manuscrite, ils manquent cruellement de calligraphies. J’aimais bien reconnaître d’un seul coup d’œil l’appartenance de telle ou telle écriture, sans parler des ronds sur les « I », des « F » affinés et des barres sur le « T » volatiles. Puis, il y avait l’attente de la réception. Pensera t’il ou t’elle à m’envoyer une petite carte ? Carte qui arrivait régulièrement après le retour de son expéditeur.

C’est comme ça, ma pauvre dame. Moins de cartes postales mais plus de communications rapides, instantanées. On perd d’un côté, on gagne de l’autre. La technologie a toutefois négligé l’émotion que procurait la correspondance postale.

A noter, le site de "la lettre en ligne" découvert chez JCFrog qui permet d’envoyer des cartes postales depuis votre ordinateur. Voilà un bon moyen de redonner le sourire à mon facteur.

Chaîne lancée par Gaël et relayée par Nicolas. Je tague une seule personne car je la sens prolixe sur le sujet : Epamin'. Les autres, envoyez-moi une carte : arf, rue de la poste 972 MARTINIQUE.

  • 9.9.09