Fictions et confidences – Nicolas Bleusher

image « Fictions et confidences » ne raconte rien ou si peu mais nous installe dans l’intime de l’auteur sans aucune voyeurisme, tout en pudeur. Des histoires courtes, une dizaine de lignes pour installer une ambiance douce, une tension ou une évocation d’un soir. Plusieurs de ces récits nous attrapent au plus profond et nous roulent paisiblement dans une mélancolie souriante. Que ce soit, une mémoire flash de l’enfance, un songe canaille, une illusion perdue ou un instant de bonheur, l’excitation de l’auteur est palpable, sa sensibilité aussi, il le définit très bien lui-même :

Ecrire, c’est voyager. Je n’écris jamais bien loin. Des souvenirs d’enfance, les mêmes peines, quelques amusements. La musique est cet embarcadère où marche, lente, mon inspiration. J’ai, parfois, la tentation de plaire, souvent le besoin de dire beau. Les soirs de clavier, moments heureux, rares heures, je suis, à l’extrémité du ponton, ce rêveur sous le vent, assis, au bord du sensible…

Nicolas nous propose ainsi un beau prolongement de son blog éponyme, les textes ont été retravaillés, mis en scène aussi, notamment dans l’ordre dans lesquels ils apparaissent, sans trahir la qualité originelle des textes. Les habitués ne seront pas déçus, les nouveaux lecteurs seront, sans aucun doute, emballés par cet agréable moment de lecture.

'Fictions et confidences’ de Nicolas Bleusher – éditeur: Numeriklivres – est disponible sur de nombreuses plateformes numériques et notamment sur feedbooks.

  • 22.11.10

Le roman d’Arnaud (extrait)

image Voici par où tout a commencé...

« Constamment, Arnaud pense à vous. À tout moment, vous êtes dans ses pensées et ses rêves. Mais est-ce vraiment une bonne chose ? »

D'une existence vide, exsangue de tout sens, est-il possible de renaître, différent ? Je ne cesse de m’interroger. Suis-je le seul à ne pas voir mon reflet ? Est-ce seulement possible ? Ne me demandez pas pourquoi et encore moins comment une telle hérésie a pu se produire : je ne connais pas la réponse. D’ailleurs, comment pourrais-je savoir ?

Se pourrait-il que ma propre image ait été confisquée par quelques forces obscures ? Mon berceau, que j’imagine bruyant, aurait-il été enveloppé d’un sort ? Quelles basses œuvres ou esprits torturés se sont attachés à créer cet être difforme nommé : Arnaud ?

Arnaud, c’est mon nom. Mais je vous préviens, ne vous fiez pas à sa douce sonorité. Son étymologie est bien plus évocatrice, bien que légèrement erronée en ce qui me concerne. Du terme germanique « arn », l’aigle, je ne vois vraiment pas où ce majestueux oiseau de proie se retrouve en moi. Car l’être est repoussant. Oh oui, il l’est ! Si Dieu existe, il a bien dû se marrer le jour où ma tendre mère a eu l’idée de me nommer ainsi.

Possible que cela soit lui qui m’empêche de me voir, de m’observer dans ce satané miroir. À moins que cela ne vienne de cet endroit, de cette maison et de ce grenier poussiéreux.

Ce grenier : un bric-à-brac que je hais autant que je l’aime. C’est une vieille dualité entre nous. Il est mon refuge, mon repère. Une prison aussi. Une cellule pour ma conscience, un cachot pour ma laideur. Et la vieille en est le bourreau. La vieille... Je l’exècre autant qu’elle me méprise. Dire que c’est ma grand-mère.

Comment un tel être a-t-il pu enfanter une chose aussi merveilleuse que ma mère ? L’hérédité est parfois sournoise. Ma grand-mère n’a toujours eu qu’un seul rêve : avoir un garçon. Qu’il soit beau ou intelligent n’entrait même pas dans ses critères. Elle était issue d’une vieille, très vieille famille aristocrate. N’étant pas mariée, ce qui n’avait pas manqué de créer la polémique, cette vieille fille sûrement engrossée à l’emporte-pièce n’avait qu’une idée en tête, transmettre son nom. À vrai dire, c’était bien la seule chose qui lui importait.

…/…

Extrait du prologue du Roman d’Arnaud que vous pouvez télécharger gratuitement sur epagine.fr au format pdf ou epub. Sortie du Tome 1 fin novembre chez numeriklivres.

  • 4.11.10

Le roi silence de Samir Bouhadjadj via @numeriklivres

image Numerik:)livres, maison d’édition 100% numérique, débute ses publications cette semaine avec, en ouverture, un recueil de trois nouvelles de Samir Bouhadjadj.

Samir vit à Nouméa et a été découvert en 2009 par numerik:)livres au salon international du livre insulaire d’Ouessant cher à Jean Lou Bourgeon. Il n’en est pas à son premier coup d’essai littéraire. En effet, il est également l’auteur de trois romans en attente d’édition et d’un petit bouquet de nouvelles. Sa première œuvre publiée, Le Poids des rêves, publication print a obtenu le prix Michel Lagneau en 2006. Sur le web, Samir est également l’animateur de l’atelier d’écriture du Bois de Jade.

Voici le résumé du recueil “le roi silence” relevé par ibookrama :

"Bataille navale", "Le roi Silence" et "Mal entendu(e)". Trois histoires, trois empreintes de vie et invitations au voyage de cet auteur prometteur pour qui la plume se conjugue à merveilles avec la pluralité de ses styles. Comme dans toute famille, ces textes s'accordent et se confondent tout en gardant leur propre identité.

Bataille navale : L'absence d'un père pousse à bien des sacrifices. Mais au final, que ne tenterait-on pas pour toucher du doigt l'histoire de celui qui nous donna la vie ?
Le roi Silence : À mi-chemin entre le conte traditionnel et la fable onirique, ce moment de lecture nous renvoie tous à nos origines. Influences maghrébines et traditions du Pacifique Sud s'entremêlent pour un pur moment de bonheur.

Mal entendu(e) : Solitude, quand tu nous tiens ! Un amuse-bouche final où chacun saura trouver sa propre saveur.

Un extrait :

Le “roi silence” est disponible dans toutes les bonnes crémeries numériques en version epub et pdf sans DRM et notamment sur immateriel.fr et kindle store.

  • 21.5.10

Autant en emporte le flux

image Ils ne se connaissent pas et pourtant ils sont inséparables. Par delà le temps et outre-rêve, ils se sont rejoints dans un espace impalpable, immatériel, froid et distant. Mais c’est bien dans cet intervalle irréel que la chaleur va les étreindre. Le jeu d’un jour va devenir leur réalité. Les yeux rivés sur l’écran, les doigts légers sur le clavier et les clics doucereux, ils vont braver les liens vers un amour authentique empli de libertés et de doux rêves. Leur vie pour un chassé croisé de mots digitaux. Autant en emporte le flux.

Alvin et Cassandre font partie de la génération hyper connectée. Celle de la première heure. Aux babillement de l’internet, ils se sont retrouvés aux abords de forums foisonnants aux accents marqués de la rencontre mais aussi, aux stigmates du manque et de l’exil affectif. Au sein de ces supermarchés de l’avatar, les échanges ont jailli de toute part. Le masque de l’anonymat a débridé leurs mots, décuplé leurs élans amoureux en déroulé exhaustif de leur solitude béante. Les réparties de l’un, de l’autre, de lui vers elle, d’elle vers lui ont fini par franchir l’écran pour venir mettre à défaut leur isolement. Alvin, le web-Casanova à la souris tactile. Cassandre, la net-dreameuse au grand cœur pixélisé. Tous deux roi et reine de leur monde virtuel et vertueux.

Leur histoire ne se voulait qu’un jeu. Celui de la distraction affirmée de leur ego respectif. Puis la séduction inévitable les a surpris. Pas une nuit sans Cassandre pour animer les rêves digitaux d’Alvin. Pas une heure de répit pour la belle sans que son chéri numérique ne la titille d’un mot doux. Le flux les a amenés vers un ailleurs onirique et enveloppés dans une sphère de plaisir. Seuls au monde dans cette grande manne mondiale, ils ont vécu les plus beaux jours de leur vie virtuelle. Cassandre et Alvin sont rapidement devenus les tourtereaux du web, le couple dont tout le monde suit les hyperboles sur la toile. Jusqu’au jour où la réalité va les rejoindre…

Court extrait de la nouvelle que je vais soumettre à l’équipe de Numerik:)ivres, maison d’édition numérique qui va publier, à partir du mois de mars, des contenus littéraires inédits en format numérique, optimisés pour la lecture sur iPhone et lecteurs de livres électroniques.

  • 31.1.10