Google News Story 24/11/17

Trente-et-unième Google News Story et ce sera la dernière.
Voilà un mois, je décidais de m’imposer cette contrainte : écrire tous les matins sur les cinq premiers titres de l’actualité du jour extraits de la Une de Google News. L’idée était d’écrire autrement, autre chose en prenant les informations comme elles se déroulaient devant mes yeux, en essayant d’en tirer une histoire qui tienne « debout », d’en décaler les mauvaises ondes et d’en sourire un peu quand c’était possible.
J’y suis parvenu quelques rares fois. Pour le reste, je me suis retrouvé englouti sous la gravité des informations. Car voilà, la matière est lourde à malaxer et la transformer en fiction, au fil du temps, s’est avéré compliqué. De cette purée, la plupart du temps, ne sont sortis que des sortes d’éditoriaux bancals qui finalement n’ont pas apporté grand chose. Peu importe, les textes sont là, quelques-uns les ont lus, s’en sont amusés : c’est le principal.  

Titres du jour à 10h15 :

  • Agen: Un couple soupçonné d'avoir violé et tué une fillette de 17 mois.
  • Embouteillages à Bordeaux : l'interview d'Alain Juppé en intégralité.
  • Rénovations: l'État envisage un bonus-malus pour les propriétaires.
  • La peine d'Oscar Pistorius alourdie en appel.
  • #SoyezAuRdv contre les violences sexuelles: l'appel de femmes au président Macron.



GOOGLE NEWS STORY – 24 NOVEMBRE 2017


C’est une banalité de dire que l’information est souvent pesante et triste. Le bonheur ne fait pas vendre comme il ne fait pas cliquer sur les liens des différents titres. Ce sont l’agacement, la peine, la violence ou l’absurde qui sont en tête de gondole, rapidement résumés dans quelques mots bien sentis afin de nous donner l’envie de lire chaque article, d’en savoir plus. 

En savoir plus sur ce couple soupçonné d’avoir violé et tué une fillette de 17 mois. On clique, bien sûr, pour découvrir quels monstres se cachent sous cette phrase, quelle horrible histoire dans l’onglet suivant va nous être racontée. 

En savoir plus sur les embouteillages à Bordeaux. Ceux qui n’habitent pas cette ville pourraient ne pas s'attacher à cette information. Après tout, toutes les villes ont leurs embouteillages. Alors, on ajoute Alain Juppé, connu de tous. Et oui, le maire lui-même, l’ancien candidat à la présidentielle, parle de ces bouchons dans sa ville. De suite, c’est plus intéressant. On clique.

En savoir plus sur ce que prépare l’État concernant les rénovations de logements. Bonus/Malus, nous dit-on. On est interpellé. Dans quel camps, va-t-on se situer ? Bonus ou malus ? Va-t-on économiser un peu d’argent ou serons-nous ponctionnés encore un peu plus ? C’est angoissant. On clique.

En savoir plus sur ce champion magnifique que fut Oscar Pistorius. Bien sûr qu’on clique à nouveau. De la vie de cet athlète handicapé, aucun scénariste n’aurait pu pondre une histoire aussi rocambolesque. Une star déchu, c’est du clic à moudre.

En savoir plus sur ce nouveau hashtag #SoyezAuRdv. Après #metoo et #BalanceTonPorc, voilà un nouvel appel lancé sur les réseaux sociaux contre les violences sexuelles. Les femmes s’adressent désormais directement à notre président. On clique, pensez-vous : violence, sexe, femme et Macron, comment peut-on résister à tant de mots-clés si bien agencés.

Mais on pourrait aussi se contenter de ne lire que les titres. Ne pas cliquer serait alors comme une résistance à toute cette matière lourde qui nous pollue plus qu’elle nous informe.
Pour écrire ce texte, je n’ai cliqué sur aucun des liens. Pas envie d’en savoir plus.

  • 24.11.17

Google News Story 23/11/17

Prendre les cinq premiers titres du jour sur google news et tenter d’en faire une historiette.

Titres du jour à 9h43 :

  • Attentat de Nice : perquisition à la police municipale.
  • Disparition du sous-marin argentin : sur la piste d'un bruit inquiétant.
  • Dans le rouge après la primaire, Sarkozy a reçu 300.000 euros de la part de Fillon.
  • Assurances, prêts, mutuelles... Les discriminations ne touchent pas que l'emploi.
  • Alerte à la bombe à Rouen : le périmètre de sécurité levé, la circulation rétablie.


GOOGLE NEWS STORY – 23 NOVEMBRE 2017


Le sous-marin argentin, perdu au large des côtes de la Patagonie, a émis un nouveau bruit inquiétant. Les réserves d’oxygène étant en théorie épuisées en sept jours, les quarante-quatre membres d’équipage pourraient d’ores et déjà manquer d’air. 

En France, par contre, on découvre que Sarkozy et Fillon n’en manquent pas (d’air). Le premier aurait reçu trois cent mille euros du second pour renflouer ses comptes de campagne. Juste un petit prêt (un cadeau ?) effectué en douce, sans discrimination ni étude préalable du dossier. Pas la peine, ils sont du même sang, de la même famille. Voilà une sombre affaire qui avait échappé aux radars et qui refait surface tel un sous-marin atomique égaré dans la tempête post-présidentielle des Républicains.

Des sous-marins, on en trouve aussi du côté de la police municipale de Nice. Plus d’un an après le terrible attentat, on drague les fonds de l’affaire. L’enquête se poursuit pour que toute la vérité émerge. On s’interroge sur les va-et-vient non signalés du tueur sur la promenade des Anglais. Pourquoi ne l’a-t-on pas arrêté avant son embardée meurtrière ? Y a-t-il eu une défaillance du système de vidéosurveillance ? Ou bien est-ce une terrible erreur humaine ? Autant de questions qui nous replongent dans le drame. On se souvient qu’on a peur de tout ce qui peut nous être caché ; qu’on craint encore l’ennemi, qu’au moindre bruit inquiétant, qu’à la moindre fausse alerte à la bombe, on évacue, on se terre. Qu’on a plus l’assurance de rien.
  • 23.11.17

Google News Story 22/11/17

Prendre les cinq premiers titres du jour sur google news et tenter d’en faire une historiette.

Titres du jour à 9h16 :


  • Absentéisme dans le privé : des arrêts maladie toujours plus fréquents et plus longs.
  • Le remaniement du gouvernement tant annoncé se fait attendre.
  • Affaire Thévenoud : Hollande savait mais "pensait que c'était réglé".
  • Corée du Nord : les images spectaculaires de la défection d'un soldat.
  • Saad Hariri est de retour à Beyrouth, après trois semaines de crise au Liban.


GOOGLE NEWS STORY – 22 NOVEMBRE 2017


Alors que le remaniement se fait attendre, le temps, dit-on, de vérifier les dossiers fiscaux des futurs et futures ministres, on apprend que pour Thévenoud, Hollande savait qu’il était en délicatesse avec le fisc mais qu'il lui a quand même ouvert la porte du gouvernement. Il devait être malade ce jour-là d’août 2014. D’aucuns diront que l’ex-président fut absent durant cinq ans. Une longue convalescence qui heureusement s’est bien terminée en juin dernier. Que ses proches soient rassurés.

Par contre, il y a de quoi s’inquiéter pour la couverture maladie du soldat nord-coréen qui, fait rare, a réussi à quitter son pays en traversant sous les balles la frontière vers le Sud. Espérons que, de ce côté de la péninsule, on saura apporter les soins nécessaires à ce déserteur grièvement blessé. 

En revanche qu’on se rassure concernant Saad Hariri, il est enfin rentré. Après un long séjour durant lequel le Premier ministre libanais a visité l’Arabie saoudite, la France, l’Égypte et enfin Chypre, le voilà de retour chez lui, à Beyrouth. Trois semaines d’absence, tout de même, qu’il devra justifier auprès de son patron s’il ne veut pas qu’on lui retire ces jours de vacance(s) de ses cinq semaines de congés payés. 
  • 22.11.17

Google News Story 21/11/17

Prendre les cinq premiers titres du jour sur google news et tenter d’en faire une historiette.
Titres du jour à 9h15 :

  • Congrès des maires : Macron attendu au tournant par les élus locaux.
  • Angela Merkel sur la corde raide.
  • Coup de filet en Gironde : plus d'une tonne de cocaïne saisie et 23 personnes interpellées.
  • Poutine "félicite" Assad pour ses résultats contre le terrorisme.
  • La Russie admet être à l'origine de la fuite radioactive de ruthénium-106 (et ce n'est pas rassurant).


GOOGLE NEWS STORY – 21 NOVEMBRE 2017


Ce matin, dans la grande forêt de l’information, se joue un nouvel épisode de Koh Lanta.

Suivi par trois caméras et couteau entre les dents, Macron s’enfonce dans la brousse. Il est attendu à la prochaine clairière par une horde d’élus locaux remontés comme des pendules. Il coupe à grands coups de machette les lianes qui tombent des palétuviers et lui barrent le passage. Soudain, un grand bruit. Il lève la tête et aperçoit Angela Merkel bondissant d’arbre en arbre à l’aide d’une corde épaisse et raide. « Je viens avec toi, Manu ! » lui crie-t-elle. Manu progresse vite. Angela peine à le suivre. Macron n’a pas le temps de l’attendre ; d’autant que demain, au prochain conseil, Angela sera peut-être virée du jeu. Il se fait deux ou trois rails de coke piquée la veille à la tribu des girondins et disparaît dans la savane.

Pendant ce temps, au fin fond de la forêt, Poutine et Assad discutent tranquillement. La caméra fait un plan large sur les deux hommes assis en tailleur autour d’un grand feu qui illumine leurs regards de conquérants. Ils sont persuadés qu’ils seront les deux derniers survivants. Satisfaits de leurs parcours respectifs, ils se congratulent. Vlad est content de Bachar. Il a fait reculer ces salauds d’indigènes terroristes. On entendra plus parler d’eux. Bachar est content de Vlad. « C’est bien vu le nuage radioactif qui va se balader partout dans le monde pour faire peur à tous les peuples » lui dit-il. Il tape dans le dos de son homologue chef de tribu. « Les poteaux, c’est pour nous. On va gagner, Bachar ! On va tous les niquer ! ».
  • 21.11.17

Google News Story 20/11/17

Prendre les cinq premiers titres du jour sur google news et tenter d’en faire une historiette.
Titres du jour à 10h06 :

  • Charles Manson a cessé d'avoir peur.
  • Allemagne: Merkel confrontée à une crise politique sans précédent.
  • Réforme de la taxe d'habitation : «Cette mesure est contraire à la Constitution».
  • Zimbabwe : sommé de quitter le pouvoir, Mugabe refuse de céder.
  • Territoire de Belfort : un enfant de 9 ans décède lors d'un tournoi de foot en salle.


GOOGLE NEWS STORY – 20 NOVEMBRE 2017


« …/… manipulateur hors pair, pervers à tendances paranoïaques agressives, ultra violent et fragile, intelligent par éclair quand ses facultés peuvent lui servir à tromper l'emprise de ses ennemis (le monde entier) …/… »

Malgré les apparences, ce n’est pas de Mugabe dont il est question dans cette citation. Président africain âgé de 93 ans, sommé de quitter le pouvoir, il s’accroche et refuse de partir. Si on ne peut pas lui accoler un portrait aussi violent, tant de décennies à tenir le pouvoir d’une main de fer devraient interroger sur la personnalité de ce dictateur en fin de vie.

Il ne s’agit pas non plus, d’évidence, de Mme Merkel qui, après douze ans au pouvoir, doit faire face à une crise politique sans précédent. Impossible de créer un nouveau gouvernement, « la dame de fer » allemande est acculée. Mais comme tous ces « animaux politiques », elle non plus n'est pas prête à quitter le pouvoir. 

Manipulateur hors pair et paranoïaque ? Seraient-ce les traits de caractères de ceux qui veulent contrer la réforme de la taxe d’habitation qu’ils prétendent anticonstitutionnelle ? On ne peut y croire, même si le débat monte d’un cran dans l’agressivité.

Non, dans la citation ci-dessus, on ne parle pas d’un personnage ordinaire. On est dans l’abominable et le sensationnel, pas dans le malheureux fait divers comme cet enfant décédé lors d’un tournoi de foot. On est face à une folie aussi sanglante que fascinante.
Ce passage est extrait d’un article rédigé par Simon Liberati sur le site du Point. L’auteur de « California Girls » (Ed. Grasset) y dresse le portrait de Charles Manson qui vient de décéder en prison à l’âge de 83 ans. Cet homme devenu un « héros du mal et de la violence » entre définitivement dans le Panthéon des plus emblématiques assassins du siècle dernier, jouissant depuis plusieurs décennies d’une aura maléfique que Liberati n’hésite pas à comparer avec celle de Hitler. 
Un monstre devenu un des principaux pourvoyeurs de films hollywoodiens et que la démence porte au pinacle. Un de ces personnages « qu’Internet et les séries télé démultiplieront, sans que la mort ne le diminue ». Un homme hors norme qui fait passer aujourd'hui les autres impétrants de l’actualité pour de la gnognotte de fond de cour. 

  • 20.11.17

Google News Story 19/11/17

Prendre les cinq premiers titres du jour sur google news et tenter d’en faire une historiette.
Titres du jour à 11h17 :

  • LREM : Castaner, le "triomphateur", doit devenir bâtisseur
  • Abus sexuels : Nicole Belloubet veut «avancer vite»
  • Sarcelles : un policier tue trois personnes avant de se suicider
  • Paris: Un jeune homme en état de mort cérébrale après son interpellation
  • Le sous-marin argentin « San-Juan » donne de possibles signes de vie


GOOGLE NEWS STORY – 19 NOVEMBRE 2017


En Argentine, un sous-marin donne de possibles signes de vie tandis qu’à Paris, on a peu d’espoir pour le jeune homme en état de mort cérébrale après son interpellation musclée.
Quarante-quatre membres d’équipage ont disparu dans l’Atlantique Sud alors qu’un policier, à Sarcelles, tue trois personnes de sa famille avant de se suicider.
Ces nouvelles n’ont évidemment rien à voir les unes avec les autres. A part qu’au bout, il y a la mort, factuelle ou redoutée. Des disparus dont on parle aujourd’hui et qui demain seront oubliés, noyés au plus profond des océans de l’information.
Qui se souciera du sort de ces marins argentins dans quelques jours ? Qui se recueillera sur les tombes de cette famille assassinée ? Qui s’inquiètera de la responsabilité de la police dans cette arrestation qui a mal tourné ?
Personne. Du moins, nous aurons peu ou plus du tout d’informations sur ces sujets. Relégués au rang des fait divers, ils disparaîtront à leur tour comme leurs protagonistes ont disparu.

On préférera suivre les aventures de Castaner, le « triomphateur », décortiquer ses discours, critiquer ses actes, espérer qu’il soit un bâtisseur ou le voir perdre tous ses combats. On a besoin de ces « héros » de l’actualité dans la marée des fait divers. Suivre au jour le jour leur ascension ou leur descente aux enfers. Il nous faut des histoires avec des rebondissements. Les seconds rôles passent furtivement, qu’ils périssent nous importe peu. Et plus les rôles principaux sont pris dans des histoires sordides, plus ils durent, plus ils s’insèrent dans de longs feuilletons quotidiens. On traque leur abus, sexuels ou autres. L’histoire les rattrape, les montre odieux et pervers. On fait rentrer sur la scène les bonnes gens qui veulent aller vite dans la dénonciation, faire tomber des têtes, mettre sur la place publique leurs pires exactions. 

Il en va ainsi, à tort ou à raison, de la hiérarchie de l’actualité. 

  • 19.11.17

Google News Story 18/11/17

Prendre les cinq premiers titres du jour sur google news et tenter d’en faire une historiette.
Titres du jour à 9h58 :

  • Paris sauve la face de l'Arabie saoudite en exfiltrant Saad Hariri.
  • Castaner prend la tête de La République en marche ce samedi.
  • Le PS veut exclure Filoche après un tweet jugé antisémite.
  • Fillon. "J'ai décidé de tourner la page de la politique".
  • Climat : de timides avancées en conclusion de la COP23.


GOOGLE NEWS STORY – 18 NOVEMBRE 2017


Tandis que Macron exfiltre un dignitaire libanais, Castaner prend la tête du mouvement « En Marche ». Pendant que Fillon tourne la page de la politique, Filoche risque l’exclusion de son parti. Sur la scène, tous les acteurs improvisent leur rôle. Quand l’un d’eux rentre conquérant, l’autre sort tout penaud. On entendrait presque les portes claquer comme dans un mauvais Vaudeville. Cependant, les rires y sont bien moins tonitruants.

Le public a l’air de se lasser. Castaner en jeune premier manque de conviction. Ses monologues sont longs et usants et malgré son accent chantant, il a du mal à convaincre. Le vieux Fillon quitte la scène, le dos courbé. Il pourrait créer un peu d’émotion mais les ficelles sont trop grosses, le scénario mal fagoté. Le pourtant très jovial Filoche joue très mal l’antisémite, ses tirades tombent à l’eau, une à une dans la fosse. Son texte est mauvais, on l’oubliera vite.

Le public s’impatiente, attend un rebondissement qui redonnerait du souffle à la pièce. Mais rien ne vient.
Un climat lourd s’installe entre les fauteuils. L’histoire n’avance pas. Le public est embarrassé de voir ainsi les acteurs patauger. Les spectateurs se lèvent timidement. Peu à peu, ils quittent la salle. Le rideau se baisse. Cette nouvelle représentation est encore un flop.
  • 18.11.17

Google News Story 17/11/17


Prendre les cinq premiers titres du jour sur google news et tenter d’en faire une historiette.

Titres du jour à 9h18 :

  • Affaire Tariq Ramadan : "Manuel Valls en mode combat", décrypte Alba Ventura
  • Un syndicat d'internes en médecine brise le « tabou » du sexisme à l'hôpital
  • Toto Riina, «parrain des parrains» de la Mafia sicilienne, est mort
  • Le “tireur de Libé”, Abdelhakim Dekhar, devant les assises de Paris
  • Après Juppé, le soutien remarqué de Baroin à la politique de Macron

GOOGLE NEWS STORY – 17 NOVEMBRE 2017


Ce matin, sur RTL, Alba Ventura « décrypte ». Son édito politique quotidien est censé déchiffrer l’information, faire état des tensions, des sujets qui fâchent et des hommes et des femmes politiques qui mettent tout cela sur le feu. Alors, on y a pour la valse des égos.

Voilà, tel le Beaujolais, un Manuel Valls nouveau qui, nous dit-on, passe en mode combat. Car pour continuer à exister dans cette jungle, il faut bien montrer les dents, asséner une parole forte, briser quelques tabous même si l'on a passé des années à les éluder.
Et quand il s’agit de tabous, il suffit que quelqu’un ouvre la boite de Pandore pour que les autres suivent. « Si tout le monde dénonce, on va y aller aussi » semble être le leitmotiv. Nous aussi, on a notre sexisme à l’hôpital, dénonce un syndicat d’internes en médecine. Quel scoop !

Même chez Les Républicains, Baroin tourne avec le vent. Macron, c’était tabou mais comme il n’y a plus rien à faire pour mettre en avant nos idées et que, de toute façon, ces mêmes idées sont largement reprises par le gouvernement en place, allons-y pour Macron puis on verra bien dans cinq ans. Wauquier, il n’y croit pas. Fillon, l’ex-parrain, le Toto Riina de la droite, est « mort ». Alors, il est temps de se mettre à l’abri pour mieux revenir dans un moment plus opportun, propre et neuf pour reprendre les rennes de la « Cosa nostra ».

Alba Ventura enchaîne les sujets et la sphère politicienne tourne dans sa cage dorée. A qui revendiquera l’acte politique le plus fort, le plus novateur, celui qui franchira les barrières de l’indicible, qui fera bouger les foules et se soulever l’opinion. Alba ne parlera pas de cet homme fou aujourd’hui devant la cour d’assises et qui, il y a quatre ans, a menacé la rédaction de BFM-TV, blessé grièvement un photographe à « Libération » puis tiré sur le parvis de la Défense. Lui aussi a revendiqué un « acte politique » fort. Voilà une parole qui reste un tabou. Gageons que nos hommes et femmes politiques sauront quitter « le mode combat » et feront en sorte que l’avenir nous évite de commenter à nouveau de tels engagements.
  • 17.11.17

Google News Story 16/11/17

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Titres du jour à 9h30 :


  • EN DIRECT - Mobilisation contre les ordonnances: les transports perturbés en province.
  • Le Zimbabwe dans l'attente de la démission de Mugabe.
  • Ce tableau de Leonard de Vinci est la toile la plus chère au monde.
  • Les chapeaux sont connus, la France peut commencer à rêver du meilleur… comme du pire (Football).
  • États-Unis : échec de l'exécution d'un condamné gravement malade.


GOOGLE NEWS STORY – 15 NOVEMBRE 2017


« Salvator Mundi » (Le sauveur du monde), tableau de Léonard de Vinci, a été adjugé hier pour 450,3 millions de dollars, ce qui est en fait désormais la toile la plus chère de tous les temps. Pour le sauveur du monde, on serait tenté de dire qu’une telle somme, c’est bien le moins.

Mugabe, lui, ne sauvera pas le monde, pas même son pays. Au Zimbabwe, on attend sa démission. L’armée s’est mobilisée et s’est emparée du pouvoir. Si le président refuse de se retirer, la région va encore basculer dans la violence et le « sauveur du monde » et ses millions n’y pourront rien changer. Mais parfois, une fatalité peut changer le monde comme pour ce condamné américain gravement malade épargné pour un temps de l'exécution capitale parce qu’on n’a pas réussi à trouver une veine suffisamment grosse pour lui injecter sa dose létale. On se dit que c’est peut-être grâce à de telles cruelles anecdotes que la peine de mort amorcera son chemin vers l’abolition. 

Pendant ce temps, à Paris, on se mobilise sinon pour sauver le monde au moins pour le bousculer. Les manifestants battent le pavé contre les ordonnances qui sont censées sauver le pays du chômage en réformant largement le code du travail. Dans les rangs des contestataires, les chapeaux sont connus, ceux de la CGT et FO pour une fois sont unis. Philippe Martinez et Jean-Claude Bailly défilent ensemble, la France peut commencer à rêver du meilleur… comme du pire.

De République à Nation, la foule va refaire le monde. Bras dessus, bras dessous, rêver en chantant l’Internationale. Peut-être que dans le cortège, on parlera de ces vingt minutes hier chez Christies au bout desquelles des centaines de millions de dollars ont été dépensés pour une toile du XVIème siècle. Peut-être que quelqu’un dira sa stupéfaction, combien le monde est tiraillé entre la cupidité et la faim. Peut-être qu’on évoquera une nouvelle taxe sur les ventes d’œuvres d’art, quelqu’un dira peut-être que ça pourrait faire bouger les lignes. Mais l’idée est certainement idiote, encore pas assez mûre pour changer le monde.

  • 16.11.17

Google News Story 15/11/17

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Titres du jour à 9h20 :

  • Zimbabwe: l'armée intervient contre des "criminels" proches de Mugabe
  • Airbus: commande record de 430 A320/321 pour plus de 49,5 milliards de dollars
  • Les agressions contre les pompiers en forte hausse en 2016
  • Un ex-président des Jeunes Socialistes accusé d'agressions sexuelles
  • Californie: Une cavale meurtrière près d'une école primaire fait quatre morts


GOOGLE NEWS STORY – 15 NOVEMBRE 2017


Michel Serres nous dit que malgré l’adage « c’était mieux avant » (c’est le titre de son dernier ouvrage), il n’en est rien, ce n’était pas mieux avant. L’auteur dresse l’inventaire de son « avant », pendant la seconde guerre, et le compare à notre époque. Un livre optimiste qui, à grand renfort de statistiques, nous démontre que le monde était plus violent dans les années 40 qu’il ne l’est aujourd’hui. Certes, c’était la guerre et depuis soixante-dix ans, nous n’avons pas connu d’autres conflits aussi meurtriers nous opposant à un ennemi clairement identifié et déclaré. Le monde serait donc moins agressif, en quelque sorte pacifié.

Ce n’était pas mieux avant. Doit-on se consoler de ça ? Doit-on se satisfaire de cet état de fait et ne pas voir les guerres perlées qui nous entourent partout dans le monde ?
En Irak, en Syrie, ne sommes-nous pas en guerre ? Au Zimbabwe, par exemple, où l’armée intervient pour faire le ménage autour du « monarque » Mugabe, cet homme qui règne d’une main de fer sur son pays depuis quarante ans, n’est-ce pas là comme dans de nombreux autres pays africains, d’autres guerres dont on se cache l’importance ?

Plus près de nous qui n’avons pas connu de guerre déclarée depuis sept décennies, dans notre quotidien, dans la rue, au travail, dans nos régions paisibles, jouir de son petit pouvoir pour agresser sexuellement son prochain, s’attaquer aux policiers ou aux pompiers, tuer de sang froid jusqu’aux abords de nos écoles, ne sont-ce pas là nos guerres journalières, nos doses de violence qui créent ce sentiment d’affrontement permanent ?

Ce n’était pas mieux avant. Avant, c’est vrai, on ne vendait pas des Airbus par quarante exemplaires d’un seul coup de stylo dans un building de Dubaï, au profit d’une opaque société américaine d’investissements, sans savoir finalement à qui sont destinés ces avions, si ce ne sont pas nos ennemis d’aujourd’hui ou de demain qu’on est en train d’équiper luxueusement. Avant, on savait où et qui était notre ennemi. Ce n’était pas mieux, évidemment. Qui pourrait passer sous silence les cinquante ou soixante-dix millions de victimes de la seconde guerre ? Qui pourrait oublier le nazisme et ses crimes ? Mais doit-on ralentir le temps, regarder sans cesse en arrière pour alléger notre époque de sa constellation de conflits ?

  • 15.11.17

Google News Story 14/11/17

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Titres du jour à 9h07 :


  • Des médicaments sans ordonnance pour le rhume sur « liste noire ».
  • Argentine : ils refusent de la surclasser, elle fait arrêter l'équipage de l'avion.
  • Macron met un peu de social dans sa politique.
  • Buffon, les tristes adieux d'un monstre sacré.
  • Sept responsables politiques français interdits d'entrée en Israël.

GOOGLE NEWS STORY – 14 NOVEMBRE 2017


Abril a passé une mauvaise nuit. Elle se lève avec le nez bouché et un mal de tête tenace qui ne la quitte plus depuis deux jours. Elle passe dans la salle de bain, avale un Dolirhume avec un verre d’eau lorsqu’elle est prise de vertiges. Elle se retient un instant sur le rebord du lavabo, titube, lâche le verre qui éclate en mille morceaux sur le tapis de bain. Dans le miroir, son reflet se trouble comme si de la buée chaude se formait soudain à la surface. Abril sent ses jambes l’abandonner. Elle s’évanouit.

Abril rêve de retourner dans son pays natal, l’Argentine. Trois ans qu’elle économise pour se payer le billet d’avion. Elle embarque enfin ce mardi dans l’avion pour Buenos Aires. Elle passe les portiques de l’aéroport, un à un, sans contrôle. Elle glisse sur la passerelle qui relie le terminal à l’Airbus. Elle s’assied en classe économique près du hublot. Un homme à côté d’elle, bel homme qui ressemble à Emmanuel Macron. Abril le regarde, n’en croit pas ses yeux. C’est bien lui. Mais que fait-il en classe éco ? Il a une discussion au téléphone dans laquelle il presse son interlocuteur de mettre un peu plus de social dans son prochain discours. Il raccroche précipitamment quand l’hôtesse le prit d’éteindre son téléphone. Le décollage est imminent. 

Abril est assise dans la salle de bain, le dos collé au mur. Des sueurs sur le front, le visage rougi par la fièvre et les mains sur le ventre qui essayent de boucler la ceinture de sécurité.

L’avion s’élève dans le ciel, lentement. La poussée est douce, Emmanuel a un visage d’ange. Arrivé en altitude, le président retire sa ceinture et lève un bras en direction d’un steward qui étrangement ressemble à Buffon, cet ancien gardien de foot italien. C’est le même, se dit Abril, c’est incroyable. Emmanuel se lève, va à la rencontre du steward et lui demande s’il peut être surclassé. Elle écoute. Elle aussi veut être surclassée, il n’y a pas de raison que Macron le soit et pas elle. Elle se lève à son tour, prend le bras d’Emmanuel comme si elle était sa compagne. Le président se retourne, interloqué : « Je ne connais pas cette femme ! » dit-il au steward qui gentiment, d’un passement de jambes aérien, raccompagne Abril à sa place. 

Abril est prise de convulsions. Ses yeux tourbillonnent dans leurs orbites, de la bave coule de sa bouche. Elle essaye de se redresser en s’appuyant sur le petit meuble de la salle de bain. Elle a chaud puis elle a froid. Des frissons parcourent son corps. Le meuble tombe sur elle ; avec lui, des flacons de parfum, des boîtes de coton, le gobelet avec ses brosses à dents, des serviettes de toilette…

Retournée à sa place, Abril se promet qu’elle portera plainte aux autorités dès son arrivée à Buenos Aires. Ce voyage est une catastrophe. Elle est très mal assise, elle a mal au dos, elle ne sent plus ses jambes et ne comprend pas pourquoi elle est entourée de serviettes, de flacons en tout genre et de bâtonnets de coton-tige.
Derrière elle, un groupe parle à voix haute. Il s’agit d’hommes et de femmes politiques de l’ancienne gauche qui accompagnent Emmanuel Macron dans son déplacement. L’un d’eux dit que faute d’Israël, nous, on va en Argentine. Les autres rient à gorge déployée. Les rires résonnent dans la tête d’Abril. Elle a mal, de plus en plus mal. Sa position sur son siège est vraiment de plus en plus inconfortable. Elle est désormais recroquevillée, la tête contre le hublot. Elle a mal au ventre, a envie de vomir, elle voudrait se lever, faire taire les rires, passer en classe affaire dans un grand et large fauteuil pour pouvoir s’allonger. Mais elle n’y arrive pas, son corps est bloqué sur ce siège. Les rires augmentent. Abril ferme les yeux, les rires approchent. Ils sont comme des corbeaux qui volent dans sa direction sans qu’elles ne puissent les chasser. Ils foncent sur elle, la giflent de leurs grandes ailes déployées. Des milliers de corbeaux qui la giflent…

- Abril, Abril, réveille-toi ! Mais qu’est-ce qui t’arrive ?
- Je me suis évanouie. Arrête de me gifler…
- Tu as encore pris du Dolirhume ?
- Ben oui…
- Chéri, tu sais bien que c’est dangereux. Ce médicament est même dans la liste noire dressée par « 60 millions de consommateurs ».
- Allez, lève-toi !
- Tu sais quoi ? J’ai vu Macron et Buffon.
- De quoi parles-tu ?
- Il est beau, ce Macron, quand même, on dirait un ange. Tu viens avec moi ? Faut que j’aille porter plainte contre l’équipage de l’avion.
-

  • 14.11.17

Google News Story 13/11/17

Prendre les cinq premiers titres du jour sur google news et tenter d’en faire une historiette.

Titres du jour à 8h49 :

  • Attentats du 13 novembre : deux ans après, à Paris, la peur n'a pas vraiment quitté les esprits
  • Un séisme fait au moins 213 morts en Irak et en Iran
  • Jean-Michel Blanquer : «L'autorité doit être rétablie dans le système scolaire»
  • Marlène Schiappa veut fixer l'âge minimal du consentement sexuel à "13 ou 15 ans"
  • Le Premier ministre Hariri «libre» rentrera «très bientôt» au Liban

GOOGLE NEWS STORY – 13 NOVEMBRE 2017


La peur ne quitte pas les esprits et si elle s’atténue, si parfois on en oublie les causes, d’autres se chargent pour vous de la faire revenir. La peur a cela de particulier qu’elle est incontrôlable. On ne choisit pas d’arrêter d’avoir peur. On peut s’en convaincre, s’armer de courage pour l’atténuer mais on ne décide pas de ne plus avoir peur comme on déciderait d’arrêter de fumer. La volonté n’a rien à faire avec la peur.

Quittez votre domicile, installez vous à la terrasse d’un café, assistez à un concert ou tout simplement, allez vous balader en ville par une belle journée d’automne et la peur vous suit à la trace. Derrière vous, elle se cache, insidieuse, depuis que quelques-uns ont décidé que semer la terreur était la seule solution pour qu’ils se sentent exister, que faire peur provoquait une adrénaline sans pareille, que s’armer pour défendre un dieu dont personne n’est sûr de l’existence donnait un but à toute une vie, une raison à toute mort.

On a parlé de séisme au lendemain du 13 novembre 2015. C’en fut un dont la magnitude continue de nous secouer. Personne n’a le droit de créer un tel tremblement dont seule la nature jusqu’à alors s’arrogeait le droit. Une nature qui frappe tout aussi follement, aujourd’hui en Irak et en Iran. On renoue avec la peur et l’horreur. 213 morts dans un glissement de plaques tectoniques. Deux ans avant, 137 sous les Kalashs de Daesh. Les secousses sont violentes, les répliques une angoisse. Elles parcourent les corps encore vivants, elles répandent la peur dans de longues coulées qui traversent le temps et l’espace, de novembre en novembre, des montagnes d’Halabja jusqu’à nos terrasses.

La peur ne nous quitte pas, la peur emplit nos cœurs. Dans les contrées les plus reculées, on la sent battre dans les fossés, s’enfoncer dans les têtes, ressortir en drame, s’affoler dans des pleurs aussi longs que des fleuves. Les pays s’émeuvent, les peuples s’insurgent, les gouvernements vacillent. On s’exile, on craint des représailles. Au Liban, le premier ministre quitte le pays, annonce sa démission puis finalement, est prêt à se rétracter sous certaines conditions. On hésite, on cherche le coup d’éclat. On essaye de vivre avec la peur. Mais elle est souvent trop prégnante pour que l’on se sente vraiment libres. Alors, on se replie sur soi. Sous le poids de la peur, on plie. On souhaite mieux contrôler nos corps en usant de plus d’autorité jusque dans nos écoles où, pense-t-on, c’est là que la vie démarre et qu’avec plus de rigidité, seront formés des personnes qui n’auront plus peur.

Mais on ne contrôle pas la peur, même en légiférant contre la barbarie du monde. En voulant protéger à l’excès ne crée-t-on pas le terreau de la peur, ne sème-t-on pas les graines qui la feront prospérer ?
A vouloir décider de la vie des autres, de la majorité affective, de l’âge minimal où l’on consent à vivre comme de la liberté d’agir en conscience, ne mettons-nous pas un cadre à la peur pour que jamais elle ne disparaisse ?
  • 13.11.17